Un même vent de mensonge par omission souffle dans les vignettes de l'Histoire de Bretagne en bande dessinée de Reynald Secher et René Le Honzec, dont les planches des premiers albums sont aujourd'hui diffusés quotidiennement par Ouest-France. Il y en a pour 340 numéros à publier l'intégrale. Soit disant historien, Reynald Sécher n'est en fait que diplômé ès lettres. Il appartient au Cercle Renaissance, aux côtés de personnalités de l'Opus Dei comme Otto de Habsbourg, et d'un aéropage de braves extrême-droitiers comme Bruno Gollnisch, Marie-France Stirbois, Jean-Marie Le Chevallier, Jean-Claude Martinez. Sécher est aussi membre du Cercle Horizons qui organise notamment un pélerinage sur la tombe de Robert Brasillach. Quant au dessinateur, René Le Honzec, il aurait travaillé à Minute cinq ans, sous le pseudo de Torr'Pen. Petit détail au passage, les sponsors de cette bande aussi mal dessinée qu'ouvertement révisionniste se retrouvent au sein de l'Institut de Locarn mêlant patronnat breton, Opus Dei et droitiers de l'économie.
Le tome 7 de cette Histoire de Bretagne, période 1914-1972, évoque les militants bretons historiques, gommant toute évocation, même succincte à leur parti pris de collabos ou à l'antisémitisme haineux affiché par Olivier Mordrel et François Debauvais, leaders du PNB et pro-nazis notoires. Pour dessiner une vignette où figurent les chemises noires du PNB, Le Honzec use d'une photo connue, dont il gomme la partie droite, où deux miliciens font le salut fasciste au drapeau frappé du triskell. Ce n'est plus de la réécriture de l'histoire, c'est de la rature. Et venant de ceux qui font litière de leur histoire, c'est de la litière-rature. A noter que seule la langue bretonne protège contre des jeux de mots aussi affligeants.