La lettre à Lulu
Lulu 64 - avril 2009

Affaires étrangères. Gasprom: les préfets à l'assaut de l'asso


Quand on défend les sans-papiers, faut pas s'attendre à être dans les petit papiers de la préfecture. Rumeurs, intimidations, poursuites, condamnations, l'État a déjà tout fait au Gasprom.


Affaires étrangères. Gasprom: les préfets à l'assaut de l'asso
La récente guéguerre administrative contre l'association d'aide aux étrangers n'est qu'un running gag du pouvoir. Pas la première fois qu'un préfet cherche à déstabiliser, décrédibiliser voire à faire condamner le Gasprom, coupable de générosité gênante envers les pas de chez nous. De peu recommandable à condamnable, il n'y a qu'un pas. De chez nous.

« Les attaques sont toujours venues de l'État. Jamais de la mairie de Nantes ni directement du Département même quand c'était de droite », note un des anciens militants, plus de trente ans au Gasprom. Dès 1969, la première mouture du futur Gasprom* se heurte à l'administration, le préfet refusant « une autorisation, nécessaire jusqu'en 1981 en tant qu'organisation étrangère » *. Le Gasprom naît en 1971 assurant tant la représentation de ces migrants auprès des collectivités publiques que leur formation, de l'alphabétisation aux pratiques citoyennes.

Embrouilles à répétition

En 1994, le collectif nantais Solidarité égalités libertés, auquel le Gasprom participe, diffuse un tract sur les centres de rétention, intitulé « ça n'est pas encore des camps, mais ça commence à y ressembler ». La justice pense pouvoir poursuivre pour diffamation publique envers la police, mais le temps des auditions et des instructions, Pasqua n'est plus à l'Intérieur, et les poursuites font flop. Le Département prend juste le train en route et coupe ses subventions. Dans la droite ligne de cette attaque, le préfet demande un audit sur l'utilisation des subventions nationales du fonds d'action sociale (FAS). Le préfet avance que l'argent public servirait à payer les avocats des sans-papiers (on dit « clandestins » en langage préfectoral). Raté. Le rapport des inspecteurs du FAS ne trouve rien à redire. La comptabilité est archi bien tenue. Sans salarié et avec près de 40 % d'autofinancement, fourni par quelque deux centaines d'adhérents, impossible de trouver des poux dans la tête de l'asso. Fumasse, le préfet conteste l'audit, en exige un nouveau plus conforme à ses attentes. Au FAS, on apprécie peu cette mise en cause de son inspection. Le chef de service du contrôle financier déboule de Paris, et le second audit blanchit à nouveau le Gasprom de ces insinuations oiseuses.

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