La lettre à Lulu
Lulu 86-87 - novembre 2014

Alternatibabacool. Poids et alter


Un bœuf sur la langue aéroporté pèse d’un certain poids. Autant que les subventions des collectivités ? Avec Alternatiba, on se demande.


Village des alternatives cloné de la première édition à Bayonne en 2013, clamant qu’il faut "changer le système, pas le climat", Alternatiba aura trouvé un public de curieux, et laissé perplexes quelques écolos. Ce dimanche 28 septembre, on a trouvé de tout, des massages bouddhistes sur le trottoir, un bureau d’études assainissement qui fait sa retape, des parents d’élèves vantant des thérapeutes new age et des bouquins de la librairie ésotérique voisine, une entreprise de boulangerie, un stand Nantes Métropole avec deux hôtesses au comptoir, mais pas une brochure sur comment faire des manifs écoresponsables coconstruites contre l’aéroport.

Ce salon de plein air s’est un peu monté comme on lance sa petite entreprise : la coordinatrice à temps plein pour deux mois coûte ainsi 10 000 euros de salaire, soit le montant précis de la subvention de Nantes Métropole, le conseil général accordant un plus maigre 1 500 euros, la région 2 500. Alternatiba expliquait avant l’événement : "Nous considérons qu’il est justifié que l’argent public soit utilisé pour une initiative d’intérêt général", plaidant une totale indépendance malgré ces aides : "Nantes Métropole et le conseil général ont donné leur accord pour fournir une partie du budget d’Alternatiba Nantes, sans conditionner ces aides à la présence d’un acteur ou d’un autre". Ce qui n’est pas très vrai et même faux, Nantes ayant justement assorti sa promesse de don d’une condition : que la lutte contre l’aéroport à ND-des-Landes ne soit pas mise en avant et que l’Acipa ne figure donc pas dans les stands. Un chantage contré par Attac, Les Amis de la Terre et Greenpeace qui ont du taper du poing et menacer de tout annuler pour que la mairie de Nantes accepte, sous couvert que l’Acipa incarne une alternative positive. On trouva l’"expertise citoyenne". Un joli pied de nez, au passage. Mais les alternatives vécues sur la ZAD, les jardins squattés à Doulon resteront hors-champ...

Le reste des associations, une partie ayant déjà collaboré à l’embrouille de l’année 2013 Nantes Capitale verte et récupéré des subventions à projet avec de fait une autocensure sur ND-des-Landes, a bien intégré le message : les stands n’affichent rien de trop politique, rien sur l’aéroport, chacun sa crèmerie, le vent, le pain bio, l’Amap, le compost... On cherchera en vain les points de vue sur la responsabilité du capitalisme dans la crise climatique, énergétique, agricole... En attendant, on adoptera un éco-geste.

Jovial Bovial

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