La lettre à Lulu
Lulu 86-87 - novembre 2014

Anti-jeunisme. Les vieux sont tombés sur la tête


Alertez- les bébés ! Un centre sur la littérature jeunesse quasi fermé, dans la plus grande discrétion.


Encore un coup des vieux, voire d’une alliance avec la mouvance floue des non-jeunes. Sans faire de bruit, soigneusement, la bibliothèque centrale de Nantes a escamoté cet été un de ses joyaux. Peu connu du grand public mais pourtant unique dans le Grand ouest, le centre Bermond-Boquié, spécialisé dans la littérature Jeunesse, porte le nom de ses deux donateurs, deux critiques littéraires de France Culture, Monique Bermond et Roger Boquié qui ont refilé à Nantes les 24 000 livres et albums pour enfants qu’ils ont reçus des éditeurs et commentés pendant leurs trente ans de service à l’antenne de la radio publique. Ce fonds et centre de ressources a poursuivi le travail entrepris, s’est régulièrement enrichi de livres rares, anciens, a un programme de conférences et d’expositions. Il dispose aujourd’hui du double de livres de l’origine, sans compter plus de 3 000 ouvrages de référence, et des revues spécialisées. Une mine pour les chercheurs, les étudiants, les enseignants et autres bibliothécaires. Mais voilà : ça ne cadre pas avec les exigences des dirigeants des médiathèques qui veulent des résultats chiffrés, de l’impact, du visible, du mesurable. Et le temps est à la polyvalence des agents de bibliothèque, sommés de passer d’un rayon à un autre, sans spécialité, ce qui permet un effectif plus réduit et « tournable » selon les besoins et absences. Ils sont tenus de se limiter à la gestion des flux, sans connaître leur fonds. Ce que beaucoup vivent mal. Se limiter à la logistique des enregistrements et des retours, ce n’est pas le métier qu’ils ont choisi. Le conseil avisé, de vive voix, au service des usagers, devient accessoire. Perte de temps. Limite archaïque. L’informatique doit y pourvoir.

Jusqu’en juillet, le centre Bermond-Boquié, dit « CBB », disposait d’un magasin, et d’une salle publique de cent mètres carrés, dédiée à la consultation, l’accueil d’étudiants et les recherches, jouxtant l’espace jeunesse grand public. C’est fini tout ça. Un déménagement prévu en septembre a finalement été avancé à juillet, et hop là, tout a dégagé des rayons, la salle étant désormais vouée à des formations. « Des déformations », grincent certains râleurs.

Le Petit Prince au piquet, Martine à la casse, Caroline et ses amis à la cave. Comme la donation des deux chroniqueurs radio était assortie d’une obligation de maintenir un accès public à ce fonds exceptionnel, il a bien fallu garder le strict minimum, soit quatre modestes étagères perdues dans l’espace dévolu à histoire locale, en remplacement des 100 m2 précédents. Et il est désormais impossible d’emprunter des bouquins traitant de la littérature jeunesse. Consultation sur place, rien de plus. Le CBB n’a pas, sur le papier, disparu, mais il s’est réduit à une portion congrue.

Mais on aurait tort de se faire du mouron. Comme dirait le Petit Prince : s’il vous plaît, dessine-moi un mouron.

Antoine Dèquezu-Péri

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