Intérieur, jour. La scène se passe dans un bureau de l’ANPE. Le chef de centre démarre son entretien avec un chômeur longue durée par un édifiant : "Ce matin j’ai reçu ma feuille d’impôts. Y’en a marre de payer pour les autres !" Toujours sympa à entendre, quand on émarge à 2 500 F par mois. Prenant de haut ce parasite, qu’il faut officiellement dénommer chômeur, il néglige ses lettres de recherche d’emploi dans le cinéma, se fout pas mal des stages décrochés auprès de pros de la caméra, et le sermonne sur ses prétentions : "Redescendez sur terre mon pauvr’ petit bonhomme. Vous n’avez qu’un CAP de mécanicien, vous n’êtes pas à la hauteur, mon p’tit Monsieur", avant de manier la menace: "Si vous voulez pas changer, j’ai qu’une signature à faire et vous êtes radié. Vous habitez en caravane ? Je ne pense pas que les Assedic seraient contents de savoir comment vous vous débrouillez." Pour être un chômeur moderne, il faut sans doute vivre au dessus de ses moyens, tout en étant candidat sans prétention.