La lettre à Lulu
n°21 - déc

Au Conseil général ce soir


«L’affaire» Tardieu a révélé les talents de mise en scène d’un Landrain qui rêvait depuis toujours de se payer l’hystrion départemental.


La conférence de presse du président de la MCLA, complaisamment relayée par une grande partie de la presse, avait pour objectif d’expliquer au bon peuple les raisons du licenciement «pour faute grave», avec mise à pied immédiate de Jean-Luc Tardieu. Sauf que, magie du spectacle, les faits reprochés au très théâtral ex-directeur de la MCLA n’ont rien à voir avec les motifs réels de son vidage express. Avec un art consommé de l’amalgame, le président Le Mené a lu un long réquisitoire d’où il ressort que Tardieu s’est laissé aller à des auto-avances sur salaires et autres frais somptuaires de déplacement, «légèretés» avalisées par le conseil d’administration de la MCLA mais qui permettent deux ans après de charger la barque. Histoire de.

En réalité, Tardieu a été mis au ban d’infamie pour avoir «laissé tenir, en présence de la presse (...) des propos violents, injurieux, voire diffamatoires à l’égard de sa propre entreprise» lors d’une soirée un peu arrosée. «L’entreprise», c’est-à-dire Le Mené traité entre autres de «gougnafier», sert là de prétexte un peu court pour virer Tardieu.
Mais qu’on se le dise : le licenciement du très Tardieu n’est pas le premier acte d’une reprise en main de la MCLA par le Conseil général. Michel Le Mené l’a répété avec une insistance touchante : «Je vous le dis, et le répéterai s’il le faut, nous n’avons jamais reçu aucun ordre du Conseil général. Jamais, il n’a été question d’une reprise en main de la MCLA par le Conseil général, bien au contraire...»

Bien au contraire, ce ne sont qu’hasards et coïncidences si le président Le Mené était assis pendant sa conférence de presse à la droite du président de la commission Culture du Conseil général, Doudou Landrain soi-même qui s’est réservé la plupart des réponses aux journalistes, empêchant à plusieurs reprises Le Mené de répondre par d’amicales pressions sur le bras... S’agirait pas de dire n’importe quoi.

Hasards et coïncidences aussi si Landrain s’est chargé lui-même de sous-titrer les propos de Le Mené en coulisses, reconnaissant implicitement que la procédure engagée repose sur un scénario un peu faible : «Même si on perd sur toute la ligne aux Prud’hommes, ça nous coûtera de toutes façons moins cher.» Certaines mauvaises langues du conseil d’administration de la MCLA l’auraient même entendu dire «qu’après Tardieu, viendra le tour de Le Mené.»

D’ailleurs Doudou la buvette n’a jamais eu la moindre vélléité de reprise en main de la MCLA, comme en témoigne cette interview donnée à Ouest-France en 1991 à propos de la directrice de l’animation de la MCLA de l’époque : «Isabelle Bourgeois est une personne de très grand talent, qui aurait sans doute eu besoin d’être mieux comprise, et mieux tenue.» En laisse ?

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