La lettre à Lulu
Lulu 60 - juin 2008

Auto risation

Marguerite, c'est du fichage de gueule !


En voiture ! Mais avant de s'abonner à la bagnole qui se loue, il faut décliner son pedigree intime.


Tout le monde loue Marguerite, le nouveau système d'abonnement pour louer une auto à la demande. Enfin, on loue surtout l'idée. Question clients, ça ne décolle pas trop. Les chipoteurs comme Lulu ont trouvé ce qui coince. Déjà, il ne faut jamais avoir «fait l'objet de poursuite judiciaire pour une infraction au code de la route». Ça élimine tous ceux qui ont déjà perdu des points et été condamnés pour excès de vitesse. Les rescapés de cette clause qui persistent à vouloir adhérer à Marguerite doivent impérativement fournir justificatif de domicile, copie du permis de conduire mais aussi une copie de carte Vitale. Pourquoi le numéro de sécu pour conduire une tuture de loc? La Commission nationale informatique et libertés a déjà tranché. C'est non ! «au regard des risques présentés par l'utilisation du NIR, le numéro d'inscription au répertoire national d'identification des personnes physiques», alias numéro de sécu. Seule dérogation, «la poursuite d'un besoin d'intérêt général», essentiellement dans le domaine de la santé, ce qui n'est pas le cas. L'opérateur, Auto partage, une société par actions simplifiée au capital de 250.000 euros n'est pas un service public, même si le standard public est assuré par la Semitan, partenaire de la société. La standardiste explique que le numéro de sécu, c'est normal, pour retrouver plus facilement les tricheurs, «identifier les personnes en cas de chèque sans provision». Ah bon? À la tête de la société Auto partage, mais aussi d'Europcar Nantes et de Loc eco, Tony Lesaffre est bien embêté: «La carte Vitale, pour nous c'est un papier d'identité comme un autre». Déclaré à la CNIL, le fichier des adhérents à Marguerite ? «Euh, non, mais il le sera, bredouille-t-il. Ou alors on demandera un bulletin de paie, comme le font beaucoup de sociétés de location de voitures. Bulletin où figure le numéro de sécu. Jamais entendu dire que ça posait problème».

La CNIL rappelle que l'origine de la loi informatique et libertés est liée au rejet du projet SAFARI d'interconnexion de fichiers publics à partir du numéro de sécurité sociale ou NIR. «L'utilisation généralisée d'un identifiant unique dans l'ensemble des fichiers, en ce qu'elle faciliterait leur interconnexion, permettrait de tracer les individus dans tous les actes de la vie courante». En 2006, la même CNIL avait refusé à des banques d'utiliser le NIR, même sous prétexte de lutte contre la fraude ou l'homonymie. Pareil pour les services commerciaux des mutuelles et des assurances. Pour la gestion de ses actions commerciales, chaque organisme doit se doter d'un identifiant spécifique. Même pour les voitures. Un principe louable.

Roulez bols vides
Carburons à la faim
Avec l'arrivée à Nantes des vélos en libre-service (trente ans après La Rochelle), voilà Marguerite et ses 28 voitures en location qui doivent supprimer de la circulation entre 180 et 300 véhicules. Sachant qu'on compte par exemple 25.000 bagnoles par jour (30.000 le samedi) sur un grand axe comme la route de Vannes, on mesure l'étendue de l'innovation. Ces bagnoles roulent soit au sans plomb soit au super éthanol, vantant cette essence avec adjuvant d'agro-carburant comme un bienfait écolo. Faut bien trouver des débouchés à l'usine de Montoir. Il n'y a que les mal embouchés pour faire remarquer que Marguerite arrive avec les émeutes de la faim et son rappel criant des effets dévastateurs de ces céréales à rouler. Des céréales retirées de la bouche des affamés du tiers-monde pour devenir une matière à spéculation sur le marché mondial. Qu'importe que le FMI estime qu'un cinquième à la moitié de la production mondiale de maïs ou de colza ait été détourné de son usage alimentaire. Ou que le cours du maïs, utilisé pour l'éthanol, ait doublé en deux ans. Les Mexicains, les Haïtiens, les Bengalis et autres crève-la-faim peuvent toujours venir goûter au partage voiturier dans le centre de Nantes. Hé ho, les loquedus, on ne croque pas les pare-chocs !

Auto risation

Zéro de condu'hic
Sec in the city
Régime sec la nuit, sauf aux volant patentés. Roulez bourrés, roulez abonné.

Nantes, aujourd'hui, c'est Chicago-sur-Loire version Canada dry. A la mairie, en préfecture, les Eliot Ness locaux et leurs «brigades mobiles de nuit» veillent au bon respect de la prohibition. Plus de rue d'la soif qui vaille en ville, plus d'happy hour, plus d'open bar ou de bibine au mètre, interdiction de siffler son jaja sur l'espace public, centre et alentours… Tout est donc interdit aujourd'hui au noctambule éthylique, sauf s'il se bourre clandestinement pour prendre le volant et ramener ses amis aussi bourrés que lui, au mépris de la sécurité la plus élémentaire. D'ailleurs, il n'a pas vraiment le choix. Entre 1 heure et 4 heures, on lui interdit de retirer un Bicloo mais on l'autorise à emprunter sa voiture Marguerite. C'est tout de même bon de savoir que certaines libertés urbaines sont inaliénables.

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