La lettre à Lulu
Lulu 60 - juin 2008

Béréfanzinat

Profils & pertes


C'est qu'un début de la fin, continuons le combat. Combat qui s'est perdu il y a plus de trente ans.


Béréfanzinat
Presse-O à la ramasse, c'est une vieille histoire de courbe descendante. Profil bas. Le journal a perdu la moitié de ses lecteurs en vingt ans, dans la quasi indifférence de ses dirigeants successifs. On a tout eu: bandits, planqués, absents, incompétents, soupirent les journalistes.

Le vrai décrochage se situe dans les années 70, quand Presse-O commence à perdre sans broncher sa position nantaise dominante. Le début de la fin. La patron a des réflexes de vieux schnock. Hersant convoque un jour ses capitaines qui craignent de se faire virer et leur annonce avec cérémonie que «L'heure est grave» et qu'il a «la solution : créer des pages vacances». Pendant ce temps là, Ouest-France gagne discrètement sa «bataille de Nantes», grignote lentement mais sûrement sur les quartiers de la ville en installant des correspondants et en livrant une info micro locale.

Il y avait pourtant une seule et même régie pub, Havas Atlantique publicité, commune à Ouest-France et Presse-O depuis 1962, un accord destiné à porter secours à L'Éclair en difficulté (Le titre L'Éclair a disparu dans l'indifférence générale en octobre 2006*). La rupture des accords sur la pub date de 1993, quand la Socpresse rachète au groupe Amaury Le Courrier de L'Ouest (Angers) et Le Maine Libre (Le Mans). Hutin veut réactualiser les accords sur la pub. Hersant refuse tout net. L'accord sur la pub est alors brisé, fragilisant à terme Presse-O déjà sur la spirale descendante. Hersant réagit par du maquillage: il réintègre les 10.000 ventes du vignoble et de Clisson dans l'édition centrale «Grand Nantes» prétendant par la bidouille peser plus lourd qu'Ouest-France sur Nantes. Mais sans le moindre effort pour contrer la perte constante de lecteurs.

Autre désastre: en 1998, la Socpresse impose à Presse-O d'adopter une maquette très contraignante, pratiquement ingérable au quotidien. Le nouveau look perturbe les lecteurs qui ne retrouvent plus l'ordre
des rubriques, du local à l'international, complètement chamboulé. Aucune étude, aucune préparation. En plein été, sans crier gare, c'est la cata: 10.000 lecteurs perdus. Depuis, Ouest-France a condescendu en 2005 à racheter Presse-O, canard boiteux dans la basse-cour plus rentable où s'ébattent Le Maine libre et le Courrier de l'Ouest. Rue Santeuil, à Nantes, le moral de la rédaction est resté dans
les chaussettes. Sans espoir de reprise.

* Fermeture Éclair, Lulu n° 54, novembre 2006

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