La lettre à Lulu
Lulu N° 78-79 - décembre 2012

Bienfaits de l’enlisement


Depuis le bocage, le préfet dope l’économie.


On croit à tort que Christian Galliard de Lavernée est un grand ordonnateur de festivités bocagères et pyrotechniques. Pas du tout.

Le préfet de région n’abuse pas de la répression d’État, il œuvre pour le redressement productif. Grâce à lui, les projecteurs du pays sont désormais braqués sur Notre-Dame-des-Landes, et c’est déjà excellent pour l’attractivité de la métropole et l’afflux de cadres supérieurs.

Mais surtout, il œuvre pour la croissance. Trois exemples.

Caserne hôtel. Pour héberger les gendarmes et les renforts, il a fallu réserver des chambres à l’hôtel. Ibis à Treillières, Westotel à La Chapelle-sur-Erdre apprécient l’enlisement durable de l’opération César, tout bénéf pour le taux de remplissage de leurs établissements. Mais ce n’est pas tout : faute d’hébergement de proximité, des compagnies ont dû être logées à Angers, Vannes, Rennes.

Vigiles partout. Les sociétés de vigiles jubilent déjà, préparant les événements de Nantes capitale verte 2013. Colloques sur le marketing territorial aéroporté, débats traitant de l’écoresponsabilité lacrymogène et green, master class sur le compost intercommunal hors sol, tous prévoient des effectifs de gros bras aux portes. La parano dope les devis. Le cabinet du maire et de Nantes métropole bruisse de rumeurs d’envahissements, de sabotages. D’où le renfort des filtrages aux entrées, le personnel à oreillettes dans les salles, des physionomistes interventionnistes capables de repérer-neutraliser-exfiltrer les dangereux adeptes du zadisme et autres fâcheux prêts à embourber les célébrations.

Armistice nulle part. Le fournisseur officiel des pandores mobiles voit ses grenades et munitions mettre un peu de joie dans le bocage. L’entreprise sarthoise Alsetex suit avec joie les nuages pleurogènes et les déflagrations de ses consommables que son client, la gendarmerie, fait allègrement péter dans la cambrousse. Plus l’éradication des enracinés traîne, mieux ça vaut pour Alsetex. La répression, c’est pas la récession. Grâce au préfet, l’économie régionale se relance. Et si jamais sa manière de mener les opérations finit par déplaire en haut lieu, il pourra toujours trouver un job de vigile chez un marchand d’armes sarthois.

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