La lettre à Lulu
Lulu 56 - mai 2007

Bille en tête. Terrible victime du sembletilisme


Un petit rien dans la jambe. Ou peut-être moins. À l'impossible de l'affirmer, nul n'est tenu.


Il est arrivé un truc très très grave. Une agression. Quelques jours avant le premier tour des présidentielles. Non mais vous vous rendez compte. Z'avez pas l'air de mesurer. Résumons. Une employée d'un magasin de fringues de la galerie marchande Atlantis a reçu une bille dans la jambe. Tirée par un pistolet utilisé pour le paint ball. Sous la signature de Charles Centofanti, Ouest-France nous en fait un rapport apocalyptique. Ca commence comme ça: «La nouvelle a immédiatement suscité l'inquiétude». On est prié de trembler. Mais après, le fait-diversier est un peu dans le flou: «Une bille de pistolet reçue, semble-t-il, dans la jambe»*. C'est peut être l'oreille ou le foie, pas sûr. Mais pas la rate, sinon ce serait raté. Mais en fait, on ne doit pas rire: ce presque drame s'est déroulé là où travaillait la victime d'un fait divers plus dramatique, Sophie Gravaud «dont le corps sans vie a été retrouvé» une semaine plus tôt. «Une de ses collègues a-t-elle pu être la cible de jeunes? L'événement est-il en lien avec l'affaire? S'agit-il d'une simple coïncidence ? Impossible de l'affirmer hier soir», affirme pourtant l'article. Pas de bol, la victime ne coopère pas et se montre assez peu alarmée: «Je n'ai rien. Il ne s'est pas passé grand chose, il y a juste eu des jeunes qui voulaient s'amuser». Le commissariat n'en fait pas un plat. Juste un «incident mineur». Circulez, y'a rien à voir. Sur le site internet d'Ouest-France, l'article figure sous une bannière de pub vantant les mérites anti-vol et de systèmes d'alarme connectés à un centre de surveillance, avec vigile près à bondir: «Protégez vos biens et votre domicile 24h/24, 7j/7. Plus de 370 000 cambriolages ont lieu chaque année». Et quelque jours plus tôt, le même journal bien pensant épiloguait sur une grave paradoxe de la campagne électorale: «Pourquoi l'insécurité n'accroche pas le débat»**, avec un sociologue commis d'office: «Après tout, pourquoi développer un thème qui ne semble plus intéresser les Français?», épilogue alors Ouest-France. Quand la soupe est si bonne, la déontologie impose de remettre le couvert. À table !

Albert Pondre

* Ouest-France, le 20 avril 2007
** Ouest-France, le 11 avril 2007

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