La lettre à Lulu
Lulu 76 - mai 2012

Blé noir. Donnez-nous notre touriste quotidien


Après les recettes LU, les artistes BN (bien nourris). Petit voyage sur place, au pays des chiffres implacables.


On entend de ces choses, parfois, au bar, juste à côté de soi, en comptant sa petite monnaie de fin d’un mois. Un des frères Poiraud, ancien cinéaste accoudé, s’y vante que Jean Blaise, qui cherchait des idées pour voyager à Nantes, a trouvé géniale la sienne, pondue comme ça, «de faire la plus grande crêperie du monde». Et l’ancien directeur de LU de cuire un BN illico : «Il m’a filé 300 000 €». Et d’expliquer que maintenant, de toute façon, il est temps de faire du blé, que c’est fini d’être roulé dans la farine. Il faut savoir se sucrer.

J’aimeuuh la galette

Faisons les comptes. Une crêperie à ce prix-là, en comptant un budget moyen à dix euros par client avec un demi-verre de cidre (les mangeurs de dix crêpes d’un coup étant rares chez les Japonais), il faudrait donc 30 000 clients pour équilibrer, soit 857 par jour s’ils décident sans se concerter d’être aussi nombreux tous les jours. Supposons. Sachant que l’événement voyagiste nantais est doté d’un budget de 8,1 million d’euros, qu’il a dû réduire ses activités à 35 jours (du 15 juillet au 19 août), on retire donc l’enveloppe dédiée à la crêpe déjà rentabilisée par notre petit calcul à la con. Il reste 7,8 millions à financer par les cochons de payants de touristes. Concrètement, c’est un chiffre d’affaire de 222 857 euros par jour à assurer. Si le panier moyen que dépense un touriste est de 100 euros par jour, il faut donc 7 7 700 pèlerins sur 35 jours, soit 2 228 touristes quotidiens. L’événement voyagiste annonce une quarantaine d’étapes, soit 55,7 touristes par jour et par lieu, s’ils s’accordent bien gentiment pour se répartir équitablement. On leur demandera.

Certes, on nous rétorquera que Churchill a dit qu’il ne croyait aux statistiques que lorsqu’il les avait modifiées. Mais il y a donc un problème : puisque la science implacable a sorti le chiffre utile de 2 228 clients par jour, et qu’ils sont déjà 857 à becqueter des crêpes labellisées Voyage-à-Nantes, il en reste 1 371 à nourrir qui ne vont pas renflouer l’événement. C’est à désespérer le trésorier payeur général. Il est donc probable que la crêpe va aplatir le Voyage à Nantes. Espérons qu’il en reste pour porter le deuil du fiasco au blé noir.

Enrico Chon de Paillan

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