La lettre à Lulu
n°33 - été

Châteaubriant, capitale mondiale des coïncidences


Depuis l’élection d’Alain Hunault, le hasard s’acharne sur la ville.


Châteaubriant, capitale mondiale des coïncidences
Le premier mai dernier, la très dangereuse vente de muguet à la sauvette était interdite à Châteaubriant. Cela n’a évidemment rien à voir avec le fait que ce salutaire arrêté municipal ait été initié par un des fleuristes de la ville, conseiller municipal dans l’équipe du nouveau maire Alain Hunault, lequel est notaire de son état et surtout digne représentant d’une prodigieuse dynastie. Alain est en effet le jumeau de Michel le député et donc lui aussi fils de Xavier, qui régna sur la ville de 1959 à 1989 avant d’être bouté hors par Martine Buron. C’est sans doute pour le bien du muguet, maltraité chaque année par de cupides garnements, que cette courageuse mesure a été prise. Pure coïncidence aussi si même la très sérieuse Gazette des communes, relate un «climat de vexations, humiliations et règlements de comptes», en un mot une «chasse aux sorcières» qui serait menée à la mairie contre ceux qui ont osé travailler avec la socialo-communiss’ Martine Buron. Balivernes et mensongetés. La nouvelle équipe a tout de même bien droit de mener sa «réorganisation partielle des services», comme elle dit.

D’ailleurs, l’image de Châteaubriant est déjà de nouveau à la hausse. On murmure que la ville pourrait être sacrée capitale mondiale des coïncidences. Un titre potentiel préparé dès la veille de l’élection, jour où la presse locale a remporté un premier concours de circonstances. Ce n’est qu’un parfait hasard en effet si Ouest-France a publié précisément ce jour là, en Une de page locale, un publi-reportage ressemblant à s’y méprendre à un véritable article de presse vantant la gloire de la Société des courses hippiques locales... fier bébé de maître Alain Hunault. Presse-Océan était battu à plate couture avec son «enquête sur la délinquance» plaçant la cité castelbriantaise (12 000 habitants) à peu près au niveau du Chicago des grandes heures. Le lendemain, pt’it Alain terrassait la municipalité Buron, les chars russes n’entreraient jamais dans la ville, la démocratie était sauve et la petite mécanique du hasard pouvait s’enclencher paisiblement. C’est ainsi que le directeur général des services était débarqué en 48 heures et c’est vraiment la faute à pas de chance si la loi interdit ce genre de pratique (en pareil cas, une décharge de fonction ne doit pas intervenir avant un délai de six mois). Heureusement un «congé statutaire» permettra de trouver un «accord amiable». Terrible coïncidence encore : Alain remet au goût du jour les anciennes armoiries de la ville, qui faisaient la gloire de la cité sous le règne de son papa. Un agent mal intentionné avait sans doute égaré le dessin du trop moderne logo officiel imaginé par la municipalité Buron.

Nouveau coup du sort début juin, quand le festival de danse contemporaine ne peut comme prévu descendre égayer les rues, faute de police municipale et donc de sécurité. Il est vrai que les réjouissances était organisées par le scélérat directeur du Théâtre de Verre, lequel a eu l’outrecuidance de contester son licenciement devant la justice. Et puis, le même jour, le club de foot des Voltigeurs (dans lequel on retrouve quelques conseillers d’Alain Hunault) disputait et gagnait la coupe de l’Atlantique, promettant du même coup une ère nouvelle pour la ville, ce qui est tout de même beaucoup plus important que quelques ridicules pas de danses forcément gauchisants.

Complète malchance encore quand Martine Buron, désormais chef de l’opposition, se rend compte qu’elle n’est pas invitée au 20ème anniversaire du jumelage avec Radevormwald, ce que même Hunault père n’avait pas osé faire en son temps. L’oubliée s’en émeut auprès de la presse dans une lettre ouverte... qui ne paraîtra pas. Coup de bol : avant publication, un membre de l’équipe municipale a eu vent du courroux de Martine, et Alain s’est empressé de réparer cette erreur du destin en invitant évidemment et à bras ouverts son adversaire à écluser quelques bières allemandes. Coïncidences encore lorsque La Mée socialiste, le journal satirique local, disparaît des rayonnages de la bibliothèque ou quand sa rédactrice est virée d’une conférence de presse du nouveau maire (celle-ci n’aura finalement pas lieu, les journalistes locaux s’étant montrés solidaires de leur dangereuse collègue). Le hasard s’acharne quand, d’un malencontreux coup de crayon, le socialiste Jean-Luc Colin se retrouve subitement rayé des noms proposés à l’association des maires du département alors que la coutume est de laisser un strapontin à l’opposition*.

A Châteaubriant, le tout engendre une étrange et nouvelle superstition : des âmes faibles osent en effet imaginer que tous ces malheureux coups du destin sont autant de signes d’un retour à une mairie bien tenue, comme de 1959 à 1989 quand papa Hunault savait y faire, par exemple en convoquant les journalistes dans son bureau à la moindre virgule mal placée. Ne les écoutez pas. Ces gens là ont du poison dans la bouche. Ils veulent briser le nouvel élan castelbriantais vers des lendemains qui chantent.


<I>* Christian de Grandmaison, maire de Nozay, s’est désisté «au nom du respect de la procédure démocratique», pour permettre à Jean-Luc Colin d’être élu dans sa zone avec 142 voix... alors qu’Alain Hunault n’en a obtenu que 119, soit le plus mauvais score des maires du département.</I>

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