La lettre à Lulu
Lulu 92 - mai 2016

Chauve qui peut. Le grand ordonnateur du vide


Onze salariés ont fui le CCO en six ans. Prêt pour le guide des records ?


Pour les coups de promo perso avec l’association des chauves, Warin sait briller du crâne sous les projecteurs. Mais pour la gestion, ça coince. Malaise au sein de la petite équipe de neuf salariés (en plus de sa personne). Depuis mai 2010 à la tête du CCO, il a fait le vide et le revide. De juillet à octobre 2011, un technicien régisseur est viré, une commerciale accepte une rupture conventionnelle, une autre démissionne. À partir d’octobre 2013, deux ans de procédure mènent à éjecter une troisième commerciale qui a tenté de faire reconnaître sa dépression en maladie professionnelle puis en accident du travail. Aux prud’hommes le 3  mars dernier, elle a accepté un chèque de conciliation. Sa remplaçante avait démissionné fin décembre au bout de deux ans. Depuis, l’effectif enchaîne les départs, une chargée de com’ (mais c’est pour sa carrière), une serveuse du Nid (le bistrot perché au haut de la tour Bretagne que gère le CCO, donc Éric Warin), le responsable du bar… En mai 2014, déjà, le directeur du Nid a été fichu à la porte en 48 heures. « Le CCO est un endroit où les salariés se font une expérience, un petit réseau, et partent », répond le président Philippe Audic à Lulu.

Résultat de l’ambiance dégradée qui règne, certains s’accrochent aux anxiolytiques, pleurs et arrêts maladie. Trois salariées écrivent au président pour demander des solutions à leur souffrance au travail. Le courrier se retourne contre elles, mises à pied illico et virées dans la foulée en mars 2016 pour la « faute grave » d’avoir alerté sur leur sort. L’inspection du travail, la médecine du travail s’en mêlent. Sans résultat. « Le management pathogène, l’incompétence, j’ai déjà pratiqué avec le directeur précédent, dit Philippe Audic en couvrant Warin, recruté pour redresser une situation chaotique*. Pour le reste je n’en dirai pas plus, on garde nos explications pour les prud’hommes. »**.

À force de faire le vide, Warin risque de se virer lui-même par inadvertance. Ça serait dommage, il pèse quand même près de 70% des subventions de fonctionnement allouées par les collectivités. C’est là tout l’art du collectiviste tributaire du contribuable.

Jean Amidonville


* « Méchants Rennais, volé concept », Lulu n° 67, décembre 2009
** Audience le 7 juillet pour une assistante de direction, 32 ans de boîte, et une assistante de la responsable administrative ; le 12 septembre pour la responsable administrative elle-même.

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