La lettre à Lulu
n°41 - juin 2003

Couëron, capitale de l’enlisement


On a planté un beau panneau «Interdit de plonger» au bord des pontons tout neufs, mais à part les adeptes des bains de boue, on imagine mal un concours de sauts olympiques en bassin englué. La magnifique marina en eau libre que les marins de tous pavillons devaient nous jalouser fait grise mine.


Couëron, capitale de l’enlisement
Le port de plaisance de Couëron a établi 55 places et des pontons pour des bateaux de moins de dix mètres. Avec un succès, disons «limité». À basse mer, les pontons échouent de traviole sur les cailloux et les bancs de vase. Le tirant d’eau d’1,50 m ? Pas du tout garanti. Les pêcheurs locaux ont boudé les tarifs (739 euros par an pour un canot de 7 à 8 m) et se sont rabattus sur l’échouage dans l’étier voisin. Les abonnés sont rares, une dizaine. Ils veulent tous être placés à la sortie pour ne pas se faire embourber et tous rechignent à payer, tant le port a plutôt l’air d’une fosse à vase. Pourtant, on a bien fait les choses, sur le papier au moins. Une belle étude confiée à la Sogreah, avec un beau visuel, à marée haute uniquement, une eau bleue de vendeurs de piscines, et de jolis petits gravillons là où le bulldozer posera en fait de gros enrochements maousses. Le bureau d’études préconise le top, norme française des ports de plaisance, avec électricité et prise d’eau sur les pontons. Et comme le marché a voulu que celui qui fait la conception assume aussi les travaux, pas de contestation. On a même fait des économies en se passant d’étude de faisabilité, notamment sur l’effet néfaste et évident de la vase, plaie récurrente de l’estuaire qui trimballe son bouchon vaseux sur une trentaine de kilomètres. Personne n’est allé voir comment ça se passe en face - mal, merci - à Trentemoult, où le port est envasé depuis toujours. Il a suffi d’accrocher un budget de près de 910 000 euros partagé entre Ville de Couëron et Communauté urbaine. L’opération a été menée avec le réaménagement des quais de Couëron, par ailleurs plutôt réussi.



Marina baie des fanges

Couëron, capitale de l’enlisement
Le port est complètement englué dès l’inauguration en septembre 2002. On se demande aussitôt à quelle vitesse s’envase cette magnifique marina inutilisable. «Pas plus vite qu’avant l’aménagement, dit-on à la mairie de Couëron. Ce n’est qu’un port abri. On peut sortir 40 % du temps. Il ne faut pas entretenir l’illusion que ce port puisse être en eau profonde, accessible en permanence». La Communauté urbaine grogne d’avoir hérité de ce trou à vase à entretenir, qui n’a rien d’une illusion. Couëron dit avoir opté pour la solution «la moins pharaonique». Tout le monde se renvoie la patate vaseuse. Le gestionnaire choisi, NGE (Nantes gestion équipement qui administre déjà les ports de St-Félix, l’Erdre et Trentemoult) est accusé d’y croire si peu qu’aucune demande de plaisancier ne serait orientée vers Couëron. Son tarif unique pour tous les ports découragerait les pêcheurs. Et si les pêcheurs n’y vont pas, les plaisanciers se méfient, dit-on à Couëron.

Certains conseillent de réaliser un effet de chasse d’eau, mais on voit mal monter une usine à vidanger en permanence l’étier minuscule qui se déverse au fond du port. D’autres préconisent carrément d’admettre le fiasco et de dépenser un peu plus pour virer les pontons et remettre l’endroit dans son état initial de modeste petit port d’échouage, afin d’éviter un trou sans fonds de travaux de désenvasement perpétuel. Alors qu’il suffirait simplement d’interdire la vase par arrêté municipal à perpétuité.

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