La lettre à Lulu
Lulu 82-83 - décembre 2013

Coup du chapeau. Un champion du tapis vert


Commercial des clubs sportifs, Christophe Margot a l’exclusivité de la gestion de son image.


Coup du chapeau. Un champion du tapis vert
Christophe Margot n’est pas du genre à mégoter. Il préfère ergoter. En 2006, ancien commercial en chef du FCN transféré au groupe Darmon puis à Sportfive, il a gagné devant les prud’hommes. Licencié abusivement pour avoir refusé d’accepter la modification de ses contrats et pourcentages, il a empoché 1,15 million d’euros d’arriérés de commissions et de dommages et intérêts. Mais il voudrait bien qu’on n’en parle plus. Il vient de redemander instamment à Lulu de le rayer des archives, prétendant une atteinte à sa « vie privée ». L’audience était pourtant publique. C’est vrai qu’il n’en avait pas fait la pub et que Lulu était présent ce jour-là par hasard, pour une autre affaire. Pas de bol.

S’il n’est pas le seul quidam à réclamer auprès de Lulu la disparition d’articles anciens qui ne permettent pas de se faire discret, des années après, on peut invoquer le renforcement du droit à l’oubli numérique. Cette idée, centrée sur les réseaux sociaux, mais qui vise aussi indirectement la presse, n’est aujourd’hui qu’une hypothèse de travail à l’issue hasardeuse, tant en France qu’au niveau européen. Rien n’est arrêté. Les points de vue des acteurs du domaine divergent et le périmètre des droits nouveaux est loin d’être défini. Arbitre sur le terrain, la Cnil (Commission nationale de l’informatique et des libertés) a pour hypothèse de travail d’obliger les médias à rendre payantes leurs archives pour en limiter l’accès. Mais la Cnil est tenue d’assurer un équilibre entre d’un côté le droit à l’oubli numérique, de l’autre liberté de la presse et liberté d’expression, déjà encadrées par l’action en diffamation ou le droit de réponse. Les opérateurs de la presse en ligne défendent l’idée que quand des articles non diffamatoires sont archivés sur internet, le droit à l’oubli ne pourrait être invoqué pour en obtenir le retrait. La Cnil en est à la phase de consultation publique des acteurs de la filière et les désaccords semblent encore profonds.

Christophe Margot n’en est pas à sa première partie sur tapis vert. Après Sportfive, il s’est lancé avec des sociétés qu’il mène sous le nom d’Intelsport et d’Elusport. Il a signé des contrats, sans négliger les gains au contentieux. Sur une question de rupture d’exclusivité des droits marketing prévu par contrat, il a attaqué le SCO d’Angers et gagné un million d’euros devant la cour d’appel de Paris. Nouveau match à Nantes contre le club de handball, pour résiliation anticipée de son contrat. Il réclamait un million d’euros, le jugement de première instance lui octroie un gros tiers, soit 376 000 euros*. Ça nourrit sa réputation. Pas génial pour signer de nouveaux contrats, mais idéal pour impressionner, en affirmant qu’ils ont été bien verrouillés. Histoires de gros sous et de procès, Christophe Margot réussit la passe de trois. « Hat trick ! », comme on dit dans le foot. Un tel truc de vie privée, faudrait pas s’en priver.

Michel Panini

* Ouest-France, le 1er novembre 2013

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