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Lulu 68 - avril 2010

Cour des débacles. L'encadrement comme il respire


Bisbille as usual chez les cadres aux prud'hommes. Vous voyez l'tableau. Entre deux transactions immobilières, vols de pizzas à basse altitude.


Cour des débacles. L'encadrement  comme il respire
Après midi ordinaire au conseil des prud'hommes. Les types avec leur médaille sur le bedon sont en retard et speedent les avocats: «Vingt minutes! L'essentiel... Le reste, on lira». Pas des marrants, ces conseillers prudhommaux.

Embrouille immobilière dans une agence. Crâneurs, le gérant et l'ex-salarié se sont fait le même crâne semi-rasé. Nouvelle formule de séparation à l'amiable, la «rupture conventionnelle» ne serait pas convenue, pas convenable. La direction du travail a pourtant homologué la convention par défaut. En fait, comme souvent, débordée, elle n'a pas réagi avant la date: juridiquement, ce silence radio vaut approbation. Entretemps, l'ancien vendeur de baraques est devenu patron d'une agence rivale, à 500 m de sa première boutique. Ils pourraient sortir les colts, dix pas dos à dos et blaaam ! Mais non, ça chipote, dommages intéressés, congés payés sur les commissions sur les ventes réalisées après son départ. Mesquineries à 35 000 euros. Trois fois plus que ce qu'il a palpé en indemnités de rupture. Indem' qu'il veut bien rembourser pour toucher le plus gros lot. «Il cherche un sponsor et croit l'avoir trouvé avec Est-Immo», dit l'avocate du premier gérant.

L'école d'ostéopathes a réduit les horaires de son prof de 187 heures à 20. Mais elle n'a pas pris une heure pour venir défendre sa cause perdue. Allez hop, condamnée d'office et on gagne le temps d'une plaidoirie. Les prud'hommes prennent quand même leur temps: résultats six mois plus tard, en septembre. Avant, la décision tombait dans le mois.

Rififi à Pizzaland. Quand on fait de la pizza à emporter, on peut s'emporter. Le type qui bout d'impatience et veut interrompre l'avocat adverse, c'est le gérant. Enfin pas tout à fait. Les papiers sont faits par son frère. Frangin qui n'a pas vraiment le droit, mais paraît qu'il s'y connaît. «Bon! Je suis chef d'entreprise, pas juriste», grogne le pizza-man. L'autre, c'est son ex employée. Enfin pas tout-à-fait. Elle serait gérante aussi. Faut suivre. Elle et lui étaient associés en pizzologie. Lui associé majoritaire, quatre fromages, oignons, peperoni, tutti frutti. Elle sans contrat de travail, ni anchois, ni champignons, s'il vous plaît. Elle demande qu'on lui rachète ses parts. Refus de l'associé, qui a débarqué la gérante, reprochant d'avoir fermé en août, ajoutant une embrouille sur les cartons à pizza, seul moyen de contrôle du chiffre d'affaires. Une fois éjectée, la dame a ouvert un autre bouclard à pizza portative, dans la rue perpendiculaire.

Entrepôt logistique. Le type est cadre logistique dans un entrepôt de Système U qui livre 352 magasins. On lui reproche une «absence de reporting», et de se défiler pour les conférences quotidiennes où il est censé échanger les infos avec sa hiérarchie. Pose des congés sans qu'on lui donne l'autorisation. On lui a interdit de travailler avec un transporteur, il le sollicite quand même. Liste noire ? Il n'est pas au courant. N'en fait qu'à sa tête. Qu'à-sa-tête n'est pas d'accord, forcément.

Ah, ces cadres qui ne veulent pas s'inscrire dans le cadre qu'on leur fixe.

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