La lettre à Lulu
Lulu N° 80 - mai 2013

Cri agricole. Casse-toi, pauv’compte !


Il faut être gentil-poli-aimable avec son banquier, même si lui ne l’est pas.


Les banques, ce sont des braves gens. Un peu susceptibles et sans grande considération parfois mais on ne peut pas tout avoir. Elles ont déjà l’argent, le pouvoir, les slogans.

Au Crédit agricole, on décline depuis 1976 du slogan avec du bon sens dedans. Depuis « Le bon sens près de chez vous », on est passé aujourd’hui à « Le bon sens à de l’avenir ». Parfois le bon sens débranche l’avenir. C’est ce qui est arrivé à Marcel Zang, écrivain nantais. Sa mère vient de mourir au Cameroun et il s’apprête à prendre l’avion pour les funérailles. À la banque, où il est client depuis sept ans sans le moindre incident bancaire ou découvert intempestif, son compte est crédité de 2 092,40 euros, mais on ne veut pas lui donner. 700 euros, pas plus. Une règle surgit au comptoir. Des chèques ont bien été versés, mais il faut attendre dix jours de délai, dit l’un, douze dit un autre le lendemain. À cette date il aura déjà pris l’avion. Marcel Zang perd patience. Le ton monte. La banque a la parade. Elle va se venger illico de ce client, pas un grand compte, un client ordinaire, roulant pas sur l’or, donc pas très rentable. Peu importe qu’en sept ans, il n’ait jamais eu de découvert, pas le moindre incident bancaire. Il a le tort de réclamer rien de plus que ce qu’il détient pour aller enterrer sa mère. Il est viré sur le champ. Sans préavis. « Ordre de la direction générale ». Sans être prévenu autrement que par oral, dans le hall. Un courrier suivra. En attendant, son compte est bloqué. Quand il revient, le solde est préparé en billets dans une enveloppe. Un peu plus, on lui jetait sur le trottoir.

La raie au milieu et l’air exaspéré, le responsable de l’agence des 50 Otages bruisse de très bonnes raisons. « Votre comportement. Agressif. Vous avez tapé du poing sur la table ». Et les banques se font de plus en plus estamper (on le plaindrait presque)... « Il y a même des chèques qui se font rejeter trois mois après avoir été déposés » (Ah bon ?). Les temps sont de plus en plus durs, « et en plus, on a les médias contre nous ». Tant pis pour la manière expéditive d’éjecter un client qui ne comprend pas qu’on ne veuille pas lui donner ce qui est à lui : « Brutalité? Ah mais pas du tout. Ce sont nos règles et elles sont de plus en plus drastiques ». On voit. Le bon sens est bien drastiqué.«  »

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