La lettre à Lulu
Lulu 51 décembre 2005

Digitalisation. La Miss nantaise se fait taper sur le doigt


Perfidie : Le Parisien calomnie une Nantaise, ambassadrice du charme et de la féminité. On frise l'incident diplomatique. Nantes saura telle garder la tête froide sans déclarer la guerre à Paris ?


Digitalisation. La Miss nantaise se fait taper sur le doigt
On l'a vu ! Le doigt ! Sur la photo ! Brandi ! Parue à la une de TV Magazine, le supplément télé de 42 journaux*, la photo des candidates Miss France en rang d'oignons, avec un bras qui sort du rang et qui fait un doigt d'honneur, a soulevé son lot de haut-le-cœur dans les chaumières. Ce geste a pourtant enfin donné un peu de peps punk à ce petit monde sexiste de foire aux bimbos gnan gnan. La planète glamour se voit enfin dotée d'une once de vulgarité de bon aloi qui rend ces jeunes filles un peu moins désincarnées, et un brin moins complaisantes qu'on ne le croyait envers cet éloge des mensurations et des plastiques dites avantageuses. Jusque-là, tout allait bien. Mais après ce doigt d'honneur, une louche d'horreur vient submerger une des valeurs qui fait que la France est France, et Jean Pierre Pernaut son héraut de treize heures : le chauvinisme raisonnable. On vient de bafouer sans pitié ce sentiment qui fait que la gloriole collectée par un citoyen ou une ressortissante rejaillisse instantanément sur tous les membres de la communauté territoriale, comme on dit dans les rapports.

Odieuse attaque contre le commerce

Suite au flagrant délit scandaleux, l'instruction est rondement menée par Le Parisien, qui livre ses conclusions le 2 décembre, désignant avec quasi-certitude la coupable pressentie. Miss Bretagne, nominée au ban de l'infamie. D'autant que cette Miss Bretagne est une Nantaise ! Qu'une d'entre nous soit accusée lâchement, sans preuve, et c'est tous, Nantaises, Nantais, qui subissons l'infamie et la calomnie. La photo ne permettrait pas de relier le doigt provoquant à un des corps de rêve, selon l'expression en usage. Furax, Geneviève de Fontenay scrute le cliché, mais ne parvient pas à relever les empreintes digitales de l'impudente. La presse qui n'aime pas les énigmes non résolues, apprécie cependant la grande capacité du Comité Miss France à alimenter la rubrique pipole de bel et bons scandales à connotations sexuelles et morales. Cyndy Trichereau-Duchesne, 24 ans, responsable d'une boutique de prêt-à-porter dans le centre de Nantes, se voit accablée, et avec elle tout le commerce du centre ville. Et ce à la veille des achats de Noël !… Ah, le procédé infâme. Pourtant, la présomption d'innocence aurait du amener à la plus grande prudence. Sur les blogs, les forums de bretons et d'amateurs de scandales pipole, chacun ressort des croquis d'anatomie. Le bras serait trop long pour coller au corps de la Nantaise. «Je n'ai pas un bras bionique», se défend la miss***. Voilà l'affaire plongée dans la science-fiction. Mais le plus grave n'est pas là : la prétendue révélation est divulguée la veille de la finale de l'élection de Miss France. Perfidie anti-bretonne.
Heureusement la Nantaise «montrée du doigt» ** a deux avocats. L'affaire est sérieuse. Une plainte en diffamation est envisagée par la Bretonne contre Le Parisien. La revanche de Bécassine ! Gast alors ! Par Toutatis ! «Elle se sent trahie, bafouée, dit son avocat Me Alain Fouquet. Elle est peinée pour tous ceux qui lui ont fait confiance en Bretagne et qu'elle représentait dignement. À Nantes, aujourd'hui, tout le monde lui en parle. Or, elle a horreur de la vulgarité ; elle ne supporte pas l'image ainsi donnée d'elle et donc de sa proivince»**. Petit rappel. Les élections des miss version Geneviève de Fontenay ont adopté le découpage des vieilles provinces. D'où la disqualification des Pays-de-la-Loire qui ravit les partisans du rattachement de la Bretagne à la Loire-Inférieure.
La justice va donc être saisie, et devra examiner le jeu des photos du jour fatidique ainsi qu'une vidéo qui a filmé toute la séance de poses. La Nantaise doit être disculpée, des excuses publiques devront lui être présentée, ainsi qu'à la ville de Nantes, à la province armoricaine dans son ensemble et au commerce de détail nantais en particulier. Du coup, une autre miss risque de se voir prise le doigt dans le sac. Il faut le savoir, et le souhaiter. Une autre province doit porter l'opprobre. Même si l'empreinte digitale de la calomnie restera à jamais imprimée dans nos cœurs, «Fuck off !» ne sera jamais pris pour devise par le blason breton.

* Sauf quelques éditions dont l'ouest de la France (donc les journaux du nouvel empire bien pensant Ouest-France)
** Presse-Océan, le 19 décembre 2005
*** Le Télégramme le 10 décembre 2005

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