La lettre à Lulu
Lulu 74-75 - nov.-déc. 2011

Eau bénite. La facture sonne toujours deux fois


Veolia partout, et que l’eau coule à flot pour tout le monde, le champagne pour les élus et les actionnaires. Et 20 000 euros pour Jacques Attali.


Eau bénite. La facture sonne toujours deux fois
Une conférence nantaise avec Attila, ça fait peur. Ah, non, pardon, pas du tout, il semble qu’il y ait une erreur. Ce serait plutôt Attali. C’est bien aussi. Sur le papier, il est «Grand témoin de cette journée». Mais, juste arrivé au train à la mi-journée, on ne l’a pas vu beaucoup . En fait, ce faux témoin qui n’arrive qu’en cours de route est juste mini conférencier d’une heure et quart l’après-midi. Organisateur de la journée, Véolia n’a pas voulu raquer pour Attali. Ils sont devenus pingres ou quoi ? Ayrault a donc payé la facture du conseiller en «libération de croissance» pour Sarkozy. Jacques Attali qui a «placé son intervention sous le signe de Marx» coûte à Nantes métropole la modique somme de 20  000  euros. Le 1er décembre, dans sa grande mansuétude citoyenne, Veolia environnement a organisé un raout qui cause de la ville en 2030, le grand dada visionnaire d’Ayrault en ce moment. La multinationale y va de son baratin : «Nous souhaitons activement participer à la construction de ce projet d’avenir autour d’un grand nombre de sujets : aménagement et organisations des villes, lien social et solidarité, citoyenneté et implication des territoires, économie locale». Pas vraiment désinteressé. La stratégie discrète consiste à créer une symbiose, un échange de bons procédés entre le monde des élus et celui des firmes comme Veolia (Suez fait pareil), qui gèrent les déchets, l’eau, les transports et l’énergie. On a déjà vu Véolia déguisé en ONG à Rezé* avec un pseudo programme de recherche de pratiques urbaines et environnementales, faisant de la multinationale un consultant privilégié et gratuit pour la ville Pas du tout une manière de se placer comme prestataire de service concurrenciel, non mais qu’est ce que vous allez imaginer.

Me prend par pour un contrat

Cette fois, toujours rien à voir avec du donnant-donnant, Véolia (ex Générale des Eaux, ex Vivendi) est financeur d’évènement, sans aucun lien bien sûr, avec d’éventuels appels d’offres. Petit inventaire non exhaustif de non rapports avec quoi que ce ne soit pas : en 2008, Véolia décroche un marché de 13,7 millions d’euros pour la modernisation de l’usine de la Petite Californie qui dépollue les eaux usées nantaises. En juin 2011, Veolia Propreté, ex Granjouan Onyx, remporte le marché d’enlèvement des ordures de sept communes Nord Loire de l’agglo. Véolia a le contrat d’eau potable de 30 % du réseau de la communauté urbaine, soit plus de 53 000 abonnés, sur quinze communes Sud Loire et à l’Est de l’agglo. Côté bonnes œuvres, Veolia eau a mis deux millions d’euros sur la table pour financer l’institut des études avancées** qui accueille de chercheurs du sud. Par ailleurs, le programme « Reflet » aurait permis depuis 2009, selon la multinationale, de remettre sur le bon chemin huit «personnes en situation d’urgence économique». C’est joliment dit. Soit trois CDI sur un centre de déchets, trois avec des missions en intérim et deux dans un chantier d’insertion.

«Le socialiste jupitérien Henri Emmanuelli, en guerre contre les géants de l’eau dans son département des Landes, est l’un des rares élus à dénoncer la "soumission volontaire" de certains éminents camarades », note l’hebdo i[Marianne***.

Intitulé «2030 : Nantes, métropole performante et désirable ?», le colloque relation publiques est organisé dans la barge-verrue Nantilus, orchestré par le conseiller médias du cabinet d’Ayrault, Frédéric Vasse, qui a déjà eu recours à Veolia Environnement pour sponsoriser son année de tour du monde familial et humanitaire****, ses «vacances humanitaires», comme ont dit les méchantes langues... Mais les gens mélangent tout.

Hervé Oligark

* «Opération "Vampiriser Rezé"», Lulu 68, avril 2010
** «Flotte de guerre Nord-Sud», Lulu 63, décembre 2008
*** Marianne, 5 mars 2011
**** «La Planète boule de com’», Lulu 68, avril 2010

Lu 236 fois













La Lettre à Lulu : L'arbre aux hérons, tout un poème... #arbreauxherons #Nantes https://t.co/iUQmsOuJ88
Jeudi 17 Août - 12:09
La Lettre à Lulu : @sandrinejossoAN Conférence chez Jaune Turquoise entre passeurs de feu et chamanes ça coupe l'appétit, ça ignifuge… https://t.co/pm6B4yaalC
Jeudi 20 Juillet - 17:44
La Lettre à Lulu : @sandrinejossoAN Et la formation pour l'institut qui place les produits du sponsor, Oligosanté, c"est un arrangemen… https://t.co/OUbV5Ox4nW
Jeudi 20 Juillet - 17:06
La Lettre à Lulu : @sandrinejossoAN Un plan d'apurement, c'est avant le dépot de bilan, pas après. Ou alors c'est de l'apurement post mortem. Original.
Jeudi 20 Juillet - 17:03
La Lettre à Lulu : @sandrinejossoAN On parle pas d'il y a 14 ans. C'est pas d'l'archéologie. C'est une appellation cadrée par la loi.
Jeudi 20 Juillet - 17:01