La lettre à Lulu
Lulu 88 - mai 2015

Écongestes. Mariette passe pas la semaine


La com interne du département a retrouvé Bécassine. Prises pour des quiches, les employées visées ont posté et riposté.


Au conseil général, les grands chefs ont toujours des idées lumineuses, comme cette campagne écoloïde d’abord intitulée Martine, puis Mariette, visant à « faire passer des messages simples sur des gestes simples » à ces obtus de petits fonctionnaires.

La campagne prévue sur six semaines visait à bien éteindre la lumière en partant, les ordinateurs pareil... Employée de base, officiellement "maladroite et attachante", Martine-Mariette est sérieusement nigaude, voire tarte irrécupérable. Exemple : elle pousse le chauffage d’appoint, enlève son pull, se brûle et fout le feu au bureau. Moralité : demain Mariette mettra un pull. Une autre fois, la femme de ménage, pas plus finaude, se fait enfermer dans le bureau de Mariette en allant éteindre son ordi, pendant que le seau d’eau se remplit dans la pièce d’à côté, déborde, inonde le couloir. Un vigile glisse, se casse la jambe… Double faute : Mariette, plus  la femme de ménage. Un vrai catalogue de clichés sexistes contre ces femmes inconséquentes, têtes de linotte, accidentogènes. Ça continue : l’ampoule est restée allumée, la fenêtre béante. Un moustique squatte le burlingue et pique cette gourde de Mariette au matin, lui refilant une allergie maousse et des cloques rouges comme des balles de ping pong. Next ? Bourré de photocopies faites au bureau, le sac de Mariette craque sur un passage piéton. Déboule un cycliste. Carambolage. Gisant inconsciente, Martine ne peut lire la moralité : demain, faut imprimer recto-verso… La dernière : les vêtements coincés-arrachés par la porte de l’ascenseur, Mariette se retrouve en culotte et soutif devant ses collègues. Moralité : faut prendre les escaliers. Chacun des quatre mille agents a reçu un livret de 14 pages titré "Fais pas ta Mariette : adopte les bons réflexes". Sur l’intranet « Planet », six vidéos ouvertes à commentaires. Rescapées de l’incendie, de la noyade sur le palier, du chikungunya de bureau et du traumatisme piéton, quelques quiches rebelles ont un brin ironisé sur la campagne... Au bout d’une petite semaine, panique en haut lieu, machine arrière. L’opération passe à la trappe, plus aucun accès n’est possible, ni aux vidéos Bécassine, ni aux commentaires des amies de Calamity Mariette.

Les deux étudiants de l’école de Design qui ont signé ces animations ne comprennent pas le crash : "Nous avons été assez déçus du ton féministe qu’ont pris ces critiques. Si nous avons choisi un personnage féminin, c’est parce qu’il y a majoritairement des femmes dans le service, et sa naïveté et son manque de tact étaient un des moteurs de l’humour développé dans les scénarios". On est prié d’éteindre toute idée lumineuse en sortant.

Marie Honnet

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