La lettre à Lulu
Lulu 81 - juillet 2013

Économie de marché. MIN de rien


Rien à signaler au MIN, à part un directeur viré-réintégré-placardisé, une enquête pour abus de bien sociaux après un jugement pour licenciement abusif. Y a d’l’abus.


Antoine Crimé n’a pas l’habitude. D’ordinaire défenseur des patrons, le voilà qui obtient l’appui de l’inspection du travail. Aux prud’hommes, il siège dans le collège des élus patronaux. Mais cette fois, c’est lui le salarié victime, en tant que directeur du Marché d’intérêt national. Ça lui fait drôle. Son patron, la Semminn, société d’économie mixte qui gère le MIN, lui a même collé une plainte pour abus de biens sociaux. Après treize  heures de garde à vue pour éplucher ses notes de frais, notes de restos, de parking ou de péage, il est renvoyé au tribunal le 5 septembre. « On lui reproche entre 50 et 60 000 euros de frais de bouche et de déplacements », explique le parquet. « Le chiffre est peut-être impressionnant, mais c’est la totalité des frais pendant trois ans, répond Crimé. Dans les MIN de Marseille, Lille ou Rouen, les frais de missions réceptions sont à 1 % du chiffre d’affaires. À Nantes, on était à 0,6 %. Où est l’abus ? ».

Pas mécontent d’avoir mis son ex-directeur en difficulté, Alain Robert, l’actuel PDG, doit modérer son enthousiasme : « D’accord, ce n’est pas une affaire d’État. Ça ne va pas aller bien loin... ». Faut dire que la procédure a des airs de revanche après la déculottée infligée à l’élu PS siégeant comme PDG. Sur le droit du travail, il a déjà perdu. Il a même fallu réintégrer l’ancien directeur viré. L’accusation sur le train de vie passé, c’est la contre-attaque.

Fricassée

Rappel : après vingt-quatre années à diriger le MIN, Antoine Crimé, le directeur du Marché d’intérêt national, est viré à la mi-mai 2012. En décembre 2011, son mandat social, qui permet de représenter la société, lui avait été retiré. Mais il restait directeur salarié. S’il est ainsi éjecté, il le doit à son opposition au déménagement du MIN pour faire place nette sur l’île de Nantes. « Trois ans que je les fricasse », admet l’intéressé. Qu’il soit rugbyman, passe encore, mais il est aussi de droite, ce qui est assez mal supporté depuis que le saucialisme trône sur la choucroute à Nantes et en Loire-Inférieure. Et il a également fricassé ces élus roses dans un long contentieux autour du Snuc, le club de rugby endetté dont il gérait le resto, qui marchait bien, lui. La ville ne voulait pas lui filer un radis. Hérité de l’ancien régime, d’avant l’hégémonie rose, Antoine Crimé n’est pas le genre de directeur de SEM aux ordres. Plutôt grande gueule de mêlée ouverte. Derrière la Semminn, Nantes Métropole et son éminent directeur général Benoist Pavageau gèrent en direct ce dossier sensible. « Je ne peux rien dire qui ne se retourne contre moi, ça sera instrumentalisé par l’intéressé. Je risque un effet boomerang », confie Alain Robert, nettement moins taiseux sur les ennuis de Crimé que sur les siens.

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