La lettre à Lulu
n°15 - déc

Économie mixte. La Limouzinière est dans le pétrin


Le boulanger ne marche pas à la baguette : le maire ne l’envoie pas dire, il le publie.


Rémy Dugast, le maire de La Limouzinière*, exaspéré par les horaires d’ouverture quelque peu élastiques de sa boulangerie, s’est fendu d’une «lettre ouverte à notre boulanger» dans son bulletin municipal, afin que «cessent ces désagréments : ouvertures approximatives (entre 8 h 15 et 9 h, voire plus tard), fermeture inopinée, étalage par trop clairsemé, commandes souvent non prêtes ou même oubliées (...) Les Limouzins n’ont jamais connu une telle situation et vous demandent instamment de fournir un service sérieux, identique à celui fourni par vos collègues des communes environnantes». Le jeune couple de boulangers installé depuis deux ans sur la commune, se serait bien passé d’un tel "avis à la population", une mise au pilori assortie -cerise sur le gâteau- d’une dénonciation du maire à leur syndicat professionnel. «Il est sorti de son rôle. C’est un commerce privé, ça ne le regarde pas», s’insurge la mie du boulanger, qui invoque des ennuis de santé et dénonce cette publicité : «Il a porté préjudice à notre commerce, ça peut aller très loin...»

L’affaire enflamme le bourg, avec les pour et les contre et l’inévitable corbeau... «Dugast a même contacté leur banque» (ce que dément aussitôt l’intéressé), «après tout, ils ouvrent quand ils veulent, Dugast n’est qu’un dictateur...» D’autres y voient une sombre machination «pour les faire partir et permettre à la sœur de la coiffeuse de reprendre la boulangerie».

Un peu inquiet de voir lever la pâte, Rémy Dugast justifie sa lettre ouverte avec des accents plus moelleux : «Je voulais marquer le coup. S’il s’agit d’un commerce privé, ça devient une affaire publique lorsqu’il ferme huit jours en août sans prévenir. Tout ce qu’on veut, c’est garder notre boulangerie», ajoutant pour la bonne bouche : «d’ailleurs, son pain est très très bon». Et M. le maire sait de quoi il parle, c’est là qu’il continue d’acheter son pain quotidien.


<I>* 1400 âmes près de Saint-Philbert de Grandlieu.</I>

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