La lettre à Lulu
Lulu 50 novembre 2005

Emploi du temps. Tous les jours demain la veille


Les gaietés de l’escadron de l’armée de chômeurs, formés experts ès dates de la veille.


Emploi du temps. Tous les jours demain la veille
Vigile d’une société de sécu, François* a été licencié pour inaptitude au travail, après un problème médical à la jambe qui l’empêchait de faire les rondes de nuit sur les sites à garder. Le revoilà donc au chômage. L’été dernier, il sollicite l’Assedic qui lui répond le 30 août qu’il est indemnisé à partir du 25 août. Mais la veille, une lettre du 29 août lui signifie qu’il va d’abord cracher au bassinet : on lui réclame un trop perçu de 589,31 euros datant de décembre 2003 : «Lors de l’examen de votre compte, nous avons constaté un écart entre ce que vous avez perçu et de que vous deviez percevoir. Motif : cumul travail». Bonne fille, l’administration propose de signer un «accord de retenue sur les allocations» de 99 euros par mois pour rembourser sa prétendue dette. Sympa. L’Assedic se passe en fait joyeusement de son accord. Dès le premier versement des allocs, le montant est amputé du remboursement forcé. Il faut donc vivre un mois avec 80 euros et des poussières. La poussière, ça nourrit, c’est connu. Détail : François n’a travaillé que les deux tiers du mois de décembre 2003 et le décompte tardif de la dette fait par l’Assedic est faux. Mais le chômage est avant tout une école de patience administrative. Passez par la case ANPE. Ne touchez pas dix mille balles.
Le jour même où il a rendez-vous à l’ANPE pour être briefé, François reçoit de cette même ANPE une lettre lui ordonnant de justifier de son absence à un rendez-vous le 25 août, alors qu’il était convoqué le 17 et qu’il s’y est bel et bien rendu. Un rendez-vous dont l’intérêt l’a laissé dubitatif, un genre de pré-contact avec présentation de l’ANPE, sa vie, son œuvre, visite des locaux et évaluation rapido de son adaptabilité à la quête du boulot. Pour ce faire, les bizuths de l’ANPE doivent remplir le formulaire «Faire le point». L’opération d’accueil a été confiée à une «animatrice» employée par une société sous-traitante de l’ANPE. L’évaluation n’a apparemment pas été très bien transmise puisque l’agence pour l’emploi soupçonne François d’avoir fait rendez-vous buissonnier. Mais ce qui est rassurant, c’est de savoir que l’ANPE sait créer de l’emploi pour faire visiter ses couloirs et distribuer les formulaires.
Autre épisode qui jongle avec les dates et l’absurde : François doit débuter une formation à l’AFPA, dessin assisté par ordinateur, et la lettre de convocation lui précise : «Vous voudrez bien vous munir d’une tenue de travail». On ne rigole pas. Il reçoit cette lettre mercredi 14 septembre, lui demandant de se présenter le mercredi 13 septembre. Un conseil aux chômeurs : antidatez la sonnerie de votre réveil-matin.

* Le prénom a été changé

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