La lettre à Lulu
Lulu 73 - juillet 2011

Empreinte cabane. Villa Déchets, retour au déchet


Conçue comme un gadget, vendue comme une aventure durable, la Villa Déchets est redevenue un vrai rebut. On en fera peut être une sculpture...


Empreinte cabane. Villa Déchets, retour au déchet
Comme la poussière retourne à la poussière, et l’alcoolique à la gueule de bois, la Villa Déchets retourne au déchet. Dès avant sa création, cette cabane à assembler à partir de rebuts urbains annonce pourtant en fanfare qu’elle recycle les matériaux et qu’elle sera elle-même recyclée : son destin de star des médias doit la mener à une autre vie, après les caméras. Elle sera réutilisée comme locaux d’une association. On peut le lire sur le Net : « La Villa Déchets est désormais le siège social d’Écopole, un réseau d’associations locales œuvrant pour l’environnement, et s’affiche comme l’emblème du développement durable à Nantes ».

L’emblême est blême

Eh bien en fait, euh, non, pas du tout. Nathalie Moreau, chargée de com à Écopole  : « On l’a appris en lisant la presse ! On nous l’avait proposé, mais on avait réservé notre réponse, juste dit qu’il fallait étudier si c’était faisable, si c’était adapté à recevoir du public, à nos besoins. Il a fallu faire un démenti pour la presse ».

Tout à leurs impératifs de storytelling et de logistique événementielle, les promoteurs du projet ont persisté : la Villa Déchets sera installée pour accueillir Écopole dans le quartier Bottière-Chesnaie. En janvier. Puis c’était en avril. Puis plus rien.

Chantier interdit au public

En fait la maison de bric, de broc et de palettes récupérées ne peut pas recevoir de public ! Les normes ne sont pas respectées. C’est aussi bête que ça. Après l’opération événementielle, la maison inhabitable a été démontée sans que personne ne voie trop ce qu’on pouvait vraiment faire de cet Ovni. Les déchets réassemblés pour réaliser la maison sont démontés, entreposés dans un hangar de Nantes Métropole. Remontage prévu dans le quartier Bottière-Chénaie, chemin des Collines, « mais, n’étant pas du tout aux normes de sécurité, elle sera fermée au public qui ne pourra la regarder que de l’extérieur », explique-t-on à la mairie annexe du quartier. On pourra tourner autour, comme une sculpture. Et c’est pourquand, ce remontage ? « Le projet d’implantation à Bottière Chénaie est encore à l’étude », laconise Nantes Métropole.
Déjà, fin décembre 2010, un architecte de métier avait fait quelques objections, publiées sur le blog du projet : « Je me demande si vous ne faites pas un cadeau empoisonné à l’association censée hériter de la cabane – à moins qu’elle ne soit reconstruite sous un hangar ? », relevant que si « élus, institutions ont donné leur aval au projet », c’est qu’« ils ont vu le bénéfice en terme d’image. Par contre, essayez pour voir de déposer un permis de construire du même projet mais pour un particulier, une association, sans la télé en appui, et vous verrez que les élus auront vite fait de se défausser et de vous renvoyer un refus administratif  ».
Finalement, faut pas se plaindre  : on aura dépensé plus de 300 000 euros pour un truc inutilisable. Et encore, 300 000, c’est juste l’apport du sponsor Maisons du monde. Plus de six mois après l’opération, l’assistance en personnel et l’aide en matériel fournie par Nantes Métropole n’a toujours pas été chiffrée. En tous cas, Nantes Métro n’a pas pu ou pas voulu la fournir à Lulu. Le hic pour l’image, c’est qu’en se laissant envahir par un déchet, Nantes Métropole imite Naples. Pas terrible pour soigner son attractivité.

René Boueur

* Voir Ma cabane au Blablabla, Lulu n° 71, décembre 2010 ; « Villa déchets, concept jetable », Lulu n° 72, avril 2011.

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