La lettre à Lulu
n°14 - sep

Et le 7ème jour, François-Régis créa O.F.-Dimanche


Jadis démocrate chrétien, le quotidien vire au libéral offensif. Dieu y reconnaîtra-t-il les chiens ?


Grande nouvelle : Ouest-France aurait fusionné avec Hersant. Ou le contraire. Et depuis cette méchante rumeur, l’âme de Ouest-France hésite entre petite communion et confirmation. Vendu au libéralisme forcené, le premier journal de l’Ouest et de France ? Sans parler de capitulation, faisons une récapitulation. Michel Nozière, PDG des Dernières Nouvelles d’Alsace, est débauché du groupe Hersant. Il arrive à Rennes comme n°2 en mars 97 pour faire le boulot de restructuration. Quatre mois plus tard, Ouest-France annonce l’achat clé en main d’un supplément télé hebdo. A qui ? Au groupe Hersant. Ceux qui ont fait carrière dans la maison tombent des nues. Qu’un journal comme Ouest-France renonce à maîtriser ce qu’il offre à ses lecteurs, c’est déjà un comble. Sans parler des fondateurs, ces résistants qui doivent frémir ou dont la poussière doit se retourner sous terre de voir leur enfant copiner avec l’empire de Robert Hersant, au passé si chargé sous la Collaboration.

Avec l’annonce du magazine télé, Nozière a lancé un plan de 180 départs en retraite anticipée, soit 10% de l’effectif du quotidien. «Il y a deux ans, on parlait de projet d’entreprise, aujourd’hui de plan social» grince le syndicat SNJ. Sept cadres ont aussi été sortis de leurs placards et priés de déguerpir, avec une belle prime à la valise, s’entend. Auparavant, la direction n’avait pas jugé bon d’éteindre la rumeur alarmiste que propageait une liste officieuse visant une quarantaine de cadres. Panique sur le plateau de Chantepie, au siège. Services médicaux et sociaux de l’entreprise sont assaillis. Les syndicats ont fini par arracher un démenti officiel. Serait-ce l’ère du management par la trouille ?

<B>O.F. reçu 7 sur 7</B>

Cette cuisine allégée s’accommode en passant de nouveaux plats. A partir de cet automne, le nouveau menu prévoit la parution du quotidien tous les jours de l’année, dimanche et jours fériés. Le futur «journal du dimanche» sera managé par Yvon le Chevestrier. Thierry Guidet quitte la tête de la rédaction de Nantes pour devenir n°2 d’une équipe d’une demi-douzaine de journalistes. Envisagée depuis vingt ans, la formule dimanche a été étudiée depuis cinq ans par une cellule de réflexion. Format tabloïd, la dernière mouture était d’abord cantonnée au Finistère, Morbihan et Côtes d’Armor pour concurrencer Le Télégramme, rival tonique et offensif qui prépare aussi une édition dominicale. Finalement O.-F. étend son projet à toute sa zone de diffusion, selon une formule magazine, un peu réchauffée par l’actu départementale du samedi. Dans le même périmètre, le JDD, le Journal du Dimanche vend à 80 000 exemplaires. Un marché. Première salve de l’offensive, le supplément télé désormais commun pour Hersant et Ouest-France, sera proposé le vendredi aux acheteurs d’O.-F., grillant d’un jour le même produit associé à Presse-Océan, Le Courrier de l’Ouest et Le Maine Libre. Ce qui fait dire aux salariés d’Hersant qu’ils font les frais de la concurrence que leurs dirigeants se livrent à eux même pour vendre du papier. C’est pas comme ça qu’on va repeupler les forêts.

Citizen Case. Un auto-rachat à 527 patates

Pour protéger le journal d’appétits capitalistes, la société Ouest-France s’est scindée en deux en 1990, le journal se retrouvant contrôlé par une nouvelle association. Ouest-France s’est donc racheté, sous forme de crédit bail. Ce qui vaut la charge de Philippe Amaury, héritier des actions de son père. Actionnaire minoritaire, il juge cette opération plus qu’opaque et dénonce un système classique de sous-holding pour occulter un accès possible aux comptes. Depuis sa plainte, l’enquête judiciaire est toujours en cours et irrite régulièrement le PDG François-Régis Hutin. Aujourd’hui, le syndicat SNJ annonce que 527 millions ont été mangés par l’opération de rachat de la société Ouest-France lors du changement de statut : «Sous couvert d’indépendance, cette restructuration a aussi privé le quotidien de plusieurs branches juteuses du groupe». Cinq cents et quelques patates qui auraient été appréciées pour finir les fins de mois.

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