La lettre à Lulu
Lulu 72 - avril 2011

Farces et matraques. La génération des cognes de loin


Avancée pour la démocratie, les argousins et les chaussettes à clous se mettent au pistolet à eau, jouent à la baballe et au mur dépliant. Ouest-France invente la violence douce d’État.


Farces et matraques. La génération  des cognes de loin
La police anti-émeute a trouvé son chargé de com : un journaliste d’Ouest-France qui narre par le menu* un entrainement de CRS rennais avant le G8 à Deauville en mai prochain. La matraque ? Ringarde, explique tout à trac le plumitif en faisant l’apologie des techniques douces. « L’heure n’est plus à l’utilisation systématique de la matraque et aux charges d’un autre temps », pédagogise l’article : les lances à eau haute pression « offrent l’avantage de diminuer, compléter ou remplacer le recours aux grenades lacrymogènes et aux contacts physiques ». C’est sûr, c’est pas physique du tout de se faire balayer par un jet d’eau mais attention, « on peut même graduer la puissance en fonction des objectifs : la dissuasion, l’interdiction de zone, la fixation ou le refoulement ». Tout ça dans le respect des droits des policiers à ne pas prendre un mauvais coup en s’approchant trop.

Il est aussi question de « grilles déployables sur une largeur maximale de 18 m » et de lanceur de balle de défense, « arme de précision d’une portée de 30 m » avec son « viseur holographique ». Pris par l’intensité de son reportage, le journaliste d’Ouest-France détaille le tir de précision vers un « manifestant » d’exercice : « Coup au but. Sonné mais pas blessé ». On a pu apprécier, à Nantes, à Montreuil ou ailleurs combien de « pas blessés » avaient perdu l’œil après un coup pareil. à Nantes où on attend le procès du brave fonctionnaire qui a su être si précis avec son lanceur de balle de défense, le père de la victime s’interroge : « Ne peut-on pas penser que l’emploi des lanceurs d’eau provoquerait une atteinte à la dignité humaine dans l’exercice du droit constitutionnel de manifester, atteinte qu’on croyait réservée aux situations des pays autoritaires ou en crise ? ». Toujours ces exagérations. Il trouve aussi à redire à propos des grilles qui protègent les CRS des contacts physiques (après tout ils peuvent avoir une allergie, ces hardis fonctionnaires) : « Risques de panique, de provocation à la violence, d’étouffements et de rafles aveugles violant les droits humains ? » Bon, si on peut pas discuter. Les fusils lanceurs de balles ? « Comment expliquer que près d’une dizaine de jeunes gens innocents aient été gravement mutilés de la face ou de la vision, ces dernières années ? » D’accord, ces armes réputées « non létales » ont aussi depuis décembre un mort sur la conscience, à Marseille. Une erreur de positionnement de la victime, certainement. Les gens ne comprennent rien. Alors qu’on sait bien que CRS, ça veut dire compagnies républicaines de savoir-vivre.

* « Les CRS privilégient l’eau à la matraque », 1er mars 2011

Lu 352 fois













La Lettre à Lulu : L'arbre aux hérons, tout un poème... #arbreauxherons #Nantes https://t.co/iUQmsOuJ88
Jeudi 17 Août - 12:09
La Lettre à Lulu : @sandrinejossoAN Conférence chez Jaune Turquoise entre passeurs de feu et chamanes ça coupe l'appétit, ça ignifuge… https://t.co/pm6B4yaalC
Jeudi 20 Juillet - 17:44
La Lettre à Lulu : @sandrinejossoAN Et la formation pour l'institut qui place les produits du sponsor, Oligosanté, c"est un arrangemen… https://t.co/OUbV5Ox4nW
Jeudi 20 Juillet - 17:06
La Lettre à Lulu : @sandrinejossoAN Un plan d'apurement, c'est avant le dépot de bilan, pas après. Ou alors c'est de l'apurement post mortem. Original.
Jeudi 20 Juillet - 17:03
La Lettre à Lulu : @sandrinejossoAN On parle pas d'il y a 14 ans. C'est pas d'l'archéologie. C'est une appellation cadrée par la loi.
Jeudi 20 Juillet - 17:01