La lettre à Lulu
Lulu 56 - mai 2007

Grands airs. Restons kérozen !


Y'a pas à tortiller de la queue d'avion. Notre-Dame-des-Landes a mis le pilote automatique avant même d'avoir décollé.


Grands airs. Restons kérozen !
Sans avoir de commanditaire, Bernard Fourage, consultant transport international, s'est lancé dans une expertise transports, épluchant le projet de Notre-Dame-des-Landes et relevant le parti pris de survendre la solution du nouvel aéroport en éliminant soigneusement les alternatives, soigneusement jugées irréalistes, et ce sans la moindre étude ni simulation. La mise en réseaux des aéroports de l'Ouest déjà existants, la complémentarité entre TGV et liaisons aériennes, tout ça passe à la trappe. Déjà, on peut douter du coût de l'aéroport nu, évalué à 560 millions d'euros par les porteurs du projet soumis à enquête d'utilité publique. Il y a plus de cinq ans, le projet de troisième aéroport parisien était estimé entre 5 et 6 milliards d'euros, et le nouvel aéroport de Lisbonne à 3,1 milliards. Notre-Dame-des-Landes pourrait valoir entre 2,5 et 2,7 milliards d'euros. Ca mérite d'y regarder à deux fois, comme disent les regardeurs à deux fois.

Le credo de la croissance du trafic aérien table sur deux données plus qu'incertaines : une courbe grimpante de la démographie et un bond en avant des déplacements individuels. Boom démographique ? Certains scénarios de la Datar prédisent une diminution de la population après 2025. Boom des voyages perso ? C'est sans compter les surcoûts énergétiques : « outre la hausse des cours du pétrole, le prix du litre de kérosène pourrait bien se voir surpénaliser par une taxation spéciale, décrétée suite à des accords internationaux genre «protocole de Kyoto bis». Plombé par son inconscience des dégâts écologiques, devenant vite un luxe inacceptable, le trafic aérien peut se voir disqualifié dans l'esprit du public. Autant de raisons qui peuvent donner vite un coup de frein aux déplacements aériens.

Le dossier d'enquête publique balaie la concurrence des liaisons ferroviaires à grande vitesse, expliquant sans la moindre étude que le TGV est déjà là depuis belle lurette et qu'il a grignoté ce qu'il pouvait de parts de marché, faisant fermer les lignes Nantes-Orly, mais que ça s'arrêtera là. Ce qui ne compte pas l'accroissement de la vitesse du TGV qui vient de réussir ses essais à toute berzingue. Et un détail: «L'avion est tout de même de deux à quatre fois plus cher», note Bernard Fourage. Un détail qui ne tient même pas compte des mérites comparés de deux modes de transport, en terme d'impact global sur l'environnement.

Bobards de tous bords
La contre-expertise indépendante de Bernard Fourage relève quelques belles menteries: «Les possibilités d'extension sur le site actuel sont limitées», dit le dossier de présentation de Notredamedé-Land qui entend « répondre à l'évolution du trafic ». Il y a pourtant des exemples d'aéroports à une seule piste qui absorbent bien plus : Manchester (19 millions de passagers), Gatwick (31 millions)… L'emprise de l'aéroport de Nice équivaut à celle de Nantes mais traite 9,1 millions de passagers. Bernard Fourage estime la capacité de Nantes Atlantique entre 10 et 12 millions avec un aérogare. redimensionné, en déplaçant l'actuel silo à voiture accolé à l'aérogare, qui plombe les extensions. Quant à la sécurité et au survol de zone urbanisées, ces précautions devraient faire fermer illico, «avec dix fois plus de bonnes raisons», les aéroports d'Orly, Los Angeles et Luxembourg. Et toujours question sécurité, le projet NDL a du mal a faire oublier que la moyenne de 120 décollages par jour représente une menace non négligeables de crash dans l'axe, sur les sites à risques Seveso de la zone de Donges-Montoir. «Alors qu'une piste supplémentaire est possible pour quelques 50 millions d'euros, le déplacement vers Notre-Dame-des-Landes est une modif de confort d'environ trois milliards d'euros. Un suicide économique. D'autres aéroports d'Europe s'en dispensent», avance l'expert indépendant. Les partisans de l'aéroport envisagent très sérieusement de se dispenser de son avis.

Clément Aderpa

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