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n°5/6-été

Grisaille. L'édile et le gentile


Tout grand homme se doit d’avoir une éminence grise à ses côtés. Le maire de Nantes ne faillit pas à la règle. Son ombre porte le doux nom de Jean-Louis Gentile. Ce haut fonctionnaire parisien a la discrétion requise, poussant la modestie jusqu’à refuser de voir sa trombine publiée par O.-F. avant les municipales.


Grisaille. L'édile et le gentile
Né en 1938 à Cognac, diplômé de Sciences-Po Paris, docteur en histoire, J.L. Gentile possède son monde politique sur le bout des doigts. L’essentiel de sa carrière s’est déroulé derrière les colonnes du Palais-Bourbon dont il est administrateur à partir de 1966, puis comme directeur du cabinet de Poperen*, enfin avec les services du premier ministre Rocard, aux côtés de Jean-Louis Bianco secrétaire général de l’Elysée. «M. Gentile a (...) préparé le menu des travaux du Parlement avec le doigté d’un grand cuisinier qui sait lier une bonne sauce et, parfois, avec la roublardise d’un fin connaisseur des arcanes parlementaires», raconte Le Monde**, qui précise «qu’il n’était pas rare de le voir, le cigare à la bouche (...) travailler au corps les députés communistes, tandis que d’autres s’employaient (...) à séduire les députés centristes ou non-inscrits susceptibles de voter les projets du gouvernement. Du grand art, qui demande de manier habilement l’implicite, le sous-entendu et le clin d’oeil complice.» Sous des allures de grand bourgeois raffiné, cet homme «à la mine éternellement rose (...) cache une âme de baroudeur que trahit une propension marquée pour l’usage de mots crus et d’images musclées.»

Gentile est officiellement «chargé de mission», bras droit d’Ayrault sur l’organigramme de la Ville. Avec une telle pointure à ses côtés, Jean-Marc bénéficie d’un conseiller politique fort avisé. Et si les petits juges ne le mangent pas tout cru...

Mais à défaut d’embrasser une carrière nationale, l’édile nantais aura au moins permis à un haut fonctionnaire très marqué PS de trouver asile dans notre douce cité, à quelques encablures de la retraite, loin d’une capitale en proie aux soudards chiraquiens... Et ça, c’est vraiment gentil.


<I>*Chef d’un maigre courant du PS aujourd’hui disparu et premier mentor de Jean-Marc Ayrault, cet increvable apparatchik a été ministre des relations avec le Parlement au début du second tontonnat.

**Décembre 90</I>

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