La lettre à Lulu
n°28/29-été

Guerre de succession. Une plaisanterie de bas-héritage


Des lingots envolés, un héritage piraté, des notaires troués de mémoire, un fiston estampé, et toujours de grandes difficultés à voir la poésie triompher.


Le pire, c’est pas la mort, c’est après. Pour ceux qui restent. Monique Desprès avale son bulletin de naissance à Ancenis en 1991. La bonne dame laisse deux fistons, un légitime de quarante-cinq printemps d’un premier mariage et Pierre Desprès, l’aîné plus âgé de neuf ans. Ce rejeton abandonné le rappelle : “déchue de ses droits maternels en 1948, ma mère a été condamnée en 1977, (avec son notaire parisien comme garant) à me restituer la fortune héritée de mes grands-parents maternels”. Enfant délaissé, au lourd handicap physique, il est le légataire universel de ces grands-parents qui l’ont recueilli et élevé. Mais il ne détenait aucun des deux testaments de cette succession. Deux fois pas de chance, l’étude du notaire les a “égarés”. Et Jacques Curtis le dernier mari, qui avait épousé la dame en quatrième noce, n’aurait retrouvé que 129 F dans l’armoire de la grand-mère juste après son trépas en 1974. Le ménage a été bien fait. Pour une femme de haut fonctionnaire colonial dotée d’une pension équivalente à celle d’une veuve de général, c’est pas bézef ! Portefeuille d’actions, lingots, diamants non retaillés venant du Transvaal, tout s’est miraculeusement ou en tous cas officiellement évaporé de l’appartement mortuaire.

Malgré la condamnation (et six ans de procédures pour que sa mère s’exécute), Pierre Desprès ne récupère que 90 000 F de sa mère. Il soupçonne au passage une sérieuse évaporation de ce qui lui est dû. Les ennuis ne font que commencer.

<B>Le bâtard escamoté</B>

Dans les actes qu’ils rédigent en 1977 pour Monique Desprès et Jacques Curtis, Me Roger Lefort, notaire à Candé et son successeur Me Alain Rossignol ont joyeusement escamoté Pierre Desprès, l’enfant naturel dont leur étude connaît pourtant parfaitement l’existence. Les deux notaires réalisent donc des actes authentiques officiels soigneusement entachés d’embrouille manifeste. Les juristes appellent ça des fausses déclarations. Un truc à se voir obligé de plier son étude pour cause de casier judiciaire plus très virginal. Ce qui s’est déjà vu.

Un jour de 1994, le chérubin naturel devenu troisièmâgeux -il a aujourd’hui 63 ans- découvre que sa mère est décédée trois ans plus tôt sans le prévenir. Le beau-père, le notaire ne sont pas des gens mesquins, ils ont juste oublié l’ayant-droit Pierre Desprès à l’heure des comptes. Troude-mémoire humanum est ! Depuis, Curtis a reconnu par écrit qu’il avait, au vu et au su des deux notaires de Candé, tenté de spolier son beau-fils de ce qui lui revenait de sa mère.

<B>Tartifumisteries</B>

En 1995, Pierre Desprès porte plainte à Nantes et Angers. Grand invalide civil à 90%, vivant d’une pension proche du Smic, il bénéficie de l’aide juridictionnelle. Mais l’avocat désigné pour le défendre lui écrit des bobards, prétend que les plaintes sont classées sans suite, ce qui est faux puisque cinq ans plus tard, l’enquête suit toujours son cours.

En janvier 2000, un juge d’instruction a entendu Pierre Desprès sur les agissements des notaires et des pirateries d’héritages, présumées innocentes, comme il se doit. Par ailleurs, il bataille ferme pour faire valoir ses droits sur les biens immobiliers, un pavillon bourgeois à Ancenis et un appartement, achetés par sa mère. Le premier a été vendu sans son avis, le second loué, sans qu’il ne touche le moindre fifrelin, à part égale avec son demi-frère. L’histoire se corse avec la SCI douteuse qui chapeaute le pavillon de la rue Tartifume. Une maison revendue aux dames Luquiau, veuve et fille de notaire (décidément!) d’Ancenis qui savaient leur achat conditionné à l’acceptation des deux héritiers, Pierre Desprès et son demi frère.

A l’occasion, un avocat du cru, Me Lenoir, bricole sans mandat et sans préavis une procédure entre les deux frères qui n’ont pourtant aucun différend. Le notaire de Candé a arrangé le coup in extremis sur le dos de son ancien clerc à la retraite*. Deshérité récidiviste, c’est pas un métier facile.


<I>* Ni Me Rossignol ni Me Lenoir n’ont voulu répondre à Lulu.</I>

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