La lettre à Lulu
Lulu 73 - juillet 2011

Je, tu, il mais pas plus Participe cassé


Pour les vacances, offrez vous une virée dans le désert participatif. Un long chemin solitaire d’ici 2030.


Je, tu, il mais pas plus Participe cassé
à peine pas commencé, le grand programme « Ma Ville demain, inventons la métropole nantaise de 2030 » proclame déjà qu’il bénéficie d’une « large participation des habitants et des acteurs du territoire » (que celui qui saurait qui sont précisément les acteurs en question communique le texte de la pièce, on viendra pour la première représentation). Reprenons : la démarche est assurée, puisqu’elle s’est offerte sur son site un sondage exclusif et d’envergure, qui assure que 56,3 % des sondés trouvent la démarche « nécessaire », 36 % l’estiment « utile, pour conserver une cohérence de développement » et 7,7 % la jugent « inutile, trop éloignée de mon quotidien ». Détail qui n’intéresse personne : la consultation n’a concerné que 261 personnes, soit 0,04 % de la population de la métropole. Calculé rien que pour vous par Lulu, ce pourcentage n’est pas spécifié dans cette auto-proclamation des résultats. Si c’est ça une « large participation », ça doit être pour déconner dans les grandes largeurs. D’autant que le site rappelle que « la contribution de chacun est essentielle » pour « donner son sentiment ». Grands sentimentaux, les citoyens sont donc encouragés à lancer un débat sur « l’implication citoyenne et l’organisation des territoires ». Débattre de la nécessité de débattre, en somme.

Il y a déjà eu un, de débat. C’était à Bouguenais, et il a été suivi par une cinquantaine de pékins. En retirant les inévitables « acteurs du territoire », élus et fonctionnaires en service, ça fait a peu plus de 0,2 % de la population. Un franc succès.
Pourtant, en juin 2010, pour cadrer ce merveilleux dispositif, les élus de Nantes Métropole ont voté une charte « articulée autour de deux principes : le principe de finalité (encourager la participation) et le principe d’efficacité (disposer des conditions d’une participation diversifiée et utile) ».

On y apprend que vingt heures sur vingt-quatre, le périphérique est fluide. Manière que dire que y a que les cons pour circuler aux heures de pointe. On y lit de grandes idées comme : « Et si tout simplement on simplifiait les textes administratifs », et « si cette langue était enseignée dès le plus jeune âge », et « si on inventait un dictionnaire français/administration ». Par exemple pour entraver que la gestion du risque passe par la mise en place de PPRI, de PPRN, et de PPRT*. Ou pour découvrir comment on dit langage usuel en jargon administratif. Ou pour piger que « l’économie présentielle » n’a rien avoir avec le régime présidentiel ni l’occupation de l’espace aérien.

*Plans prévention des risques : inondation, naturels, technologiques.

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