La lettre à Lulu
Lulu 73 - juillet 2011

L’hosto qui démolit la santé


Dans les hôpitaux, évitez d’approcher le personnel : sont complètement malades, là-dedans.


Tout patient à l’hosto est prié de se munir d’un paquet de serpillières quand l’infirmière craque et fond en larmes. L’hôpital rend malade. Les syndicats l’ont dit, on ne les a pas écoutés. Cette fois, c’est la médecine du travail (celle qui soigne ceux qui soignent) qui tire la sonnette d’alarme. Extraits du rapport 2010, présenté en juin : «Les signes de souffrance observés chez le personnel ne cessent d’augmenter, tous grades confondus, et notamment au niveau de l’encadrement (...) Sont constatés lors des visites médicales : des troubles de la sphère digestive, des troubles du sommeil, des symptômes neuropsychologiques et émotionnels plus fréquents (irritabilité, agressivité, anxiété, crises de larmes, stress voire syndrome d’épuisement) et des signes physiques, asthénie, modification tensionnelles, tachycardie (...) Ceci amène de plus en plus à un épuisement professionnel que désormais beaucoup osent exprimer quand ils sont «au bout du rouleau», voire en burn-out».

Fuite organisée

En 2008, l’hosto est dans le rouge et il faut réduire le personnel médical et administratif du CHU, alors de 11147 salariés (10397 équivalents temps plein) internes et étudiants externes compris. La blouse blanche devient variable d’ajustement financier. La direction de l’hosto en pousse un maximum vers la sortie. Surprise, il y a plus de candidats au départ que de places offertes dehors. Signe d’une envie d’arrêter de se ruiner la santé à marner à l’hôpital.

Prenez la tension

L’été 2009, pénurie d’effectifs. Pour faire tourner la boutique, on rappelle le personnel en vacances. Volontariat forcé pour infirmières et aides soignantes bossant soir et matin à la suite, éventuellement avec des heures sup. Quoi, quoi, illégal ? Si on n’écoutait la CGT, on ferait que des trucs réglo... L’activité de soins a grimpé de 15 %, souligne la CFDT, mais le nombre d’heures travaillées chute de 5 %. Entre les deux chiffres, pression constante.

Épidémie de flutendu

La CFDT a enquêté sur les conditions de travail. À la question «qu’est ce qui vous semble le plus pénible dans votre travail ?», 30 % répondent «la charge de travail» et 7 % «les risques pour ma santé»... 69 % diagnostiquent que le boulot a «un effet négatif» sur leur santé. Un tiers estime «être confronté à des pressions psychologiques de la part de la hiérarchie», la moitié dit ne recevoir aucune reconnaissance de son boulot par cette chefferie. «Le plan de retour à l’équilibre (2008) a augmenté la recherche de productivité en intensifiant les rythmes de travail, et altère les relations entre les agents et les différentes hiérarchies», commente le syndicat. Les effets pervers du flux tendu appliqué aux soins.

Mots d’absences

Comme à Nantes Métropole, les cadres encaissent aussi : 15 % de hausse des arrêts de travail par rapport à 2009. La médecine du travail décompte de plus en plus d’arrêts, pour maladie ordinaire, accident de travail, longue maladie, maladie professionnelle. Sans oublier celles et ceux qui craquent («absences non justifiées», en jargon administratif) et les agent placés en mi-temps thérapeutique pour tenter de s’en sortir.

Les inreclassables

La médecine du travail tente de ménager ses patients en aménageant leur boulot, délivre des restrictions d’aptitude au travail, des obligations d’aménager le poste de travail, des reclassements, mais avoue que c’est «de plus en plus difficile dans des services avec des contraintes élevées de rentabilité». «Ainsi, la personne reclassée n’arrive plus en sur effectif dans une équipe et ses restrictions d’aptitudes entraînent un déplacement des contraintes sur les collègues, ce qui pèse sur la santé de tous». C’est le principe de la contagion organisée. Tu souffres au travail, refile ton mal-être à tes collègues. Le reclassement sur un autre poste ? Tout aussi hasardeux : «Le nombre de possibilités est restreint : beaucoup de candidats et très peu de postes adaptés. Il faut généralement plusieurs mois avant de résoudre certaines situations, avec des agents qui restent en arrêt à domicile faute de solution».

De tout ce constat désastreux, une idée surgit : pour d’évidentes raison humanitaires, il faut supprimer le plus vite possible les hôpitaux.

Docteur Divago

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