La lettre à Lulu
Lulu N° 80 - mai 2013

Loubouououh. Donnez au Loubouthon !


Il faut sauver du pilori un grand patron de presse du coin. Grande mobilisation populaire, Donnez, donnez !


Hervé Louboutin est un entrepreneur nantais fort sympathique, mais il a un problème. C’est un looser. Il a encore perdu contre une journaliste qui l’a traîné devant des tribunaux. Ce qui devient un habitude fâcheuse pour un grand patron de presse qui se voit reprocher sans cesse de virer les gens comme des malpropres en imposant pourtant une flexibilité très tendance, qui est un service à rendre à l’indispensable profitabilité de la presse. Et au redressement de la France, ça va sans dire. Cette fois, une salariée de 2004 à 2006 d’Angers Femmes, publié par la société Le Nouvel Ouest, a saisi en janvier 2009 les prud’hommes de Nantes pour réclamer des trucs insensés, tracassoïdes, harcelatoires : des rappels de salaires, des indemnités de licenciement et de préavis, des dommages et intérêts pour licenciement abusif, et même pour travail dissimulé. Pourtant titulaire d’une carte de presse, recrutée comme rédactrice en chef, signant les éditos, elle a d’abord été payée comme « correspondante locale de presse », un statut précaire, sans contrat de travail, prévu pour les activités d’appoint. Formule économique pour l’employeur mais parfaitement illégale pour des journalistes professionnels.

En première instance Hervé-la loose-Boutin a été condamné à 26 842 euros. Mauvais perdant, il a fait appel. Pas la bonne idée. Le 6 décembre dernier, il a été rejugé. L’arrêt de la cour d’appel est tombé le 1er février 2013. Louboutin se retrouve ainsi, c’est cruel, pareillement cloué au banc de l’infamie. Le premier jugement est confirmé en tous points. Le voilà donc à nouveau condamné, avec la même somme à régler, et même un petit rab de 3 000 euros. Un peu plus et il fallait, pour se faire payer, s’arranger avec le mandataire qui menait la procédure de sauvegarde du Nouvel Ouest ouverte le 3 février 2011, après être passé par la case cessations de paiement. Une procédure censée payer les vieilles dettes, maintenir les emplois... Mais on respire, Le Nouvel Ouest est sorti des turbulences et peu raisonnablement payer ses nouvelles dettes. Et comme le dit le diction, qui paye ses dettes s’enrichit. L’empire Louboutin renaît.

Lucie Tizène-Quenne

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