La lettre à Lulu
Lulu 56 - mai 2007

Lubricité aux commodités. Louboutin au petit coin


Dans un magazine très BCBG, les écrits olé olé mettent en cause l'honneur des cagoinces baulois. Mais ce n'est pas pour autant un motif de licenciement. Qu'on se le lise.

 
Sale temps pour les mouches. La police judiciaire auditionne une vingtaine d'anciens journalistes du Nouvel Ouest, qui ont œuvré sans être payés en salaires. Ce qui fait suite à d'autres ennuis.
 
Il y a trois ans, la rédac chef de Nantes-Femmes, autre fleuron du groupe Nouvel Ouest, avait été virée pour une histoire de cul. Juste pour l'avoir publiée. C'était l'été 2004. Le N°3 de Nantes-Femmes publie une enquête sur «la séduction» et le désir au sens très large, depuis des mômes de huit ans jusqu'à une grand mère de 73 printemps. Gars et filles, les adultes évoquent la drague, et approchent les relations libidineuses hors mariage, cachées sous le nom de code «attirance physique» et autres euphémismes dégoûtants. Là où ça tourne gore, c'est quand un bellâtre de 25 ans évoque sa déontologie de dragueur : «Moi, démonter une gonzesse dans les chiottes d'une boîte, comme ça se pratique parfois, ce n'est pas mon style », avant de préciser: «Certains étés, on a pu faire des paris sur les nanas à draguer. Il y a bien un côté primaire qui fait partie du jeu, c'est vrai. Tu es toujours plus fier de t'être fait une nana la veille, vis-à-vis des potes qui te demandent : “Dis donc hier soir, t'as ramené ?“». Le tout venant des magazines féminins normaux, en somme. Des trucs qu'on lit tous les jours dans Hier-soir magazine ou dans Démontage-dans-les-chiottes hebdo. Mais pour le patron Hervé Louboutin, c'est l'horreur absolue : «Propos vulgaires incompatibles avec l'image de marque du magazine», dit son avocat en se pinçant la bouche. L'article a donc valu la porte à la rédactrice en chef Fabienne Crinon, licenciée pour «différend sur la stratégie éditoriale préjudiciable aux intérêts de l'entreprise» et «incompatibilité d'humeur». Deux motifs balayés par les prud'hommes le 13 décembre dernier. Le jugement considère que le différend ne repose sur rien, ni «faits objectifs et matériellement vérifiables», ni quoi ni qu'est-ce. Et que l'incompatibilité d'humeur n'est jamais un motif suffisant. Quant au préjudice soi-disant subi par le magazine, faute de témoignage de dégoûtation, ou d'attestation de perte de chiffre d'affaire, les prud'hommes s'en sont carrément contrebalancé. Le licenciement est donc jugé abusif. En revanche, en cette première instance, les conseillers prud'homaux n'ont pas condamné l'employeur pour travail dissimulé, faute de preuves jugées suffisantes. L'ex-rédac chef a quand même obtenu que ses deux CDD successifs à mi-temps, d'octobre 2003 à fin octobre 2004, soient requalifiés en CDI à plein temps. Le Nouvel ouest se prend une nouvelle veste, finalement condamné à plus du double : 24 683,56 euros.

Autre affaire pour le même titre. Pascale Brosseau et Stéphanie Fuentes avaient été contraintes d'accepter un paiement de leurs articles et photos sous un statut de correspondantes locales de presse. Un statut que Le Nouvel Ouest leur a imposé après avoir promis monts et merveilles. Elles ont eu aussi gain de cause dans un jugement du 17 janvier. Payées au rabais par Nantes-Femmes mais comme travailleuses indépendantes, pas salariées comme journalistes, ces deux anciennes employées ont obtenu 11 386 euros. Et les prud'hommes leur reconnaissent le statut de journalistes. D'autant qu'elles étaient aussi pillées de leurs droits d'auteur par des réutilisations abusives, sans leur accord, de leurs textes et images dans deux autres magazines, Rennes-Femmes et Angers-Femmes, et sur le site web de Nantes-Femmes.

Des jugements exécutoires immédiatement, ont décidé les prud'hommes. On verra en appel s'il faut en rester à ces condamnations, les alourdir ou les alléger. Les juges pèsent toujours leurs mots. On est instamment prié de remonter les gonzesses dans leur boîte.

Simon Debauloir

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