Volatiles, pas réglo, les compagnies à pas cher sont prêtes à déserter au moindre désagrément judiciaire ou financier. Une bonne base pour les perspectives de trafic du projet de Notre-Dame-des-Landes.
Pour l’aéroport de Notre-Dame-des-Landes, il n’y a pas à tortiller de l’aileron arrière pour chier droit. Il le faut parce qu’il le faut. C’est clair ? D’ailleurs, le trafic. Quoi quoi, qu’est-ce qu’il a, le trafic ? En consultant les chiffres de
la chambre de commerce, qui gère jusqu’à fin décembre l’actuel aéroport, on découvre que les compagnies low cost représentent 47 % du trafic. Presque la moitié du trafic actuel, quand même ! Les destinations proposées sont essentiellement en Europe (69 %), le reste au Canada, aux Caraïbes, en Afrique. C’est sur ces sociétés peu recommandables qu’on va donc tirer des plans sur l’avenir. Ce qui ne coûte pas cher.
Les compagnies low cost ont très peu d’heures de vol à Nantes : le phénomène est très récent. En 2003, la compagnie Jetmagic lance la première ligne low cost nantaise, reliant Cork. Abandonnée sept mois après. Ryanair prend le relais en 2005. EasyJet, Flybe, Jet4you, Windjet et Transavia (filiale d’Air-France) ont rejoint la compagnie irlandaise.
Jusqu’ici, pour attirer les compagnies low cost, les collectivités déroulaient le tapis rouge, exonéraient de charges et de taxes, faisaient des cadeaux par ci, accordaient des subventions par là. Les compagnies se font aussi payer des tickets d’entrée pour rejoindre un aéroport. Exemple : «Pour toute ouverture de ligne directe avec un aéroport européen non encore desservi, nous offrons des réductions de redevances passagers et atterrissages : 50 % la première année, 30 % la deuxième et 10 % la troisième année», explique en 2005 le président de la CCI, Jean-François Gendron*.