La lettre à Lulu
Lulu 48 mai 2005

Missel mi sordide. L’odieux sans confession


Odieux, aie pitié du tripoteur de couches culottes octogénaires !


Pour le président du tribunal correctionnel, le pervers de la maison de retraite de Vigneux détient le record du sordide des vingt dernières années. Pour échapper à l’horreur par un peu de culture, le magistrat le traite de Tartuffe qui aurait lu Sade, et de St Vincent de Paul virant à Dr Jekyll et Mr Hyde. A 71 printemps, Michel Saulnier est un collectionneur odieux. Ancien gendarme de la Garde républicaine, catholique pratiquant, "homme à principes" revendiqué, et membre du conseil de gestion paroissial, il s’en est pris à des mémés octogénaires quasi impotentes, incontinentes, atteintes de Parkinson et d’Alzheimer. Gros avantage : elles ne pouvaient cafter. Il a commencé par ses deux tantes, puis est entré dans les chambres d’autres pensionnaires en choisissant soigneusement celles qui ne pourraient se plaindre. Six victimes sont connues. Il les a tripotées, les cuisses, la poitrine, le sexe, multipliant exhibitions et attouchements sexuels. Pour trois de ses victimes, il a reconnu des viols avec introduction d’un doigt. Terrorisées, les vieilles dames ne disaient rien. Une seule a pu témoigner. Les autres sont décédées, ou ont été écartées par certificat médical attestant qu’elles ne sont pas en état d’être interrogées. Longtemps, le brave paroissien s’est cru couvert. En 1994, il s’était déjà bien sorti d’une affaire d’exhibitionnisme et de tentative d’agression sexuelle sur des fillettes de 6 et 10 ans. Classé sans suite, avec une vague obligation de soins. Passé des gamines aux mamies, il s’est cru hors d’atteinte. Jamais pris sur le fait, défendu par sa sœur, secrétaire et animatrice de la maison de retraite, pressentie pour devenir directrice. Il est ami du président de l’association qui gère la maison de retraite. Ils sont tous deux à l’association des randonneurs du cru. Inquiet qu’une photo d’eux deux sorte, le président freinera d’ailleurs tant qu’il pourra pour éviter la plainte contre les agissements de cet ami. Un agresseur froid et calculateur, méticuleux, empruntant escalier de service et voies détournées, débarquant quand le personnel prend ses repas, vérifiant que ses victimes ne se confient pas aux aides-soignantes. Son assiduité journalière attire pourtant l’attention. Une infirmière, et la directrice de la maison de retraite qui a porté plainte en feront les frais, licenciées comme des malpropres, pour des fautes graves imaginaires. Le président de l’association qui gère la maison les a congédiées le 17 octobre dernier, l’une après l’autre à un quart d’heure près. Il leur faut se défendre aux prud’hommes. Vivement que le silence retombe sur Vigneux. Une bonne messe, un bon vomi, et au lit.

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