La lettre à Lulu
n°36 - fév

Oseille. Salaire minable


Drame social au MIN de Nantes : le directeur a vu son salaire tranché comme un vulgaire morceau de lard. Ce qui lui laisse quand même du gras.


Oseille. Salaire minable
Dans un courrier* à sa hiérarchie, un obscur M. Coumau, contrôleur d’État des MIN**, sans doute sous l’effet de l’aigreur où le tient sa fonction, s’émeut du salaire du directeur du MIN de Nantes Antoine Crimé. «Sa rémunération a crû de 62 % en six ans, atteignant en 2000, 910 000 francs brut par an, auxquels il convient d’ajouter un véhicule de fonction.» La somme paraît un peu rondelette à cet ingrat fonctionnaire des Finances qui précise «que la moyenne des rémunérations des directeurs de MIN de province est de 448 542 francs.» Détail mesquin, ce contrôleur note que les traitements et salaires de l’ensemble du personnel du MIN de Nantes n’ont crû, eux, que de 4 à 6 % depuis 1999.

Alerté une première fois sur ces augmentations à répétition, le président du MIN et accessoirement conseiller général Jean Guyon, «s’était engagé à les faire cesser en 1999. De nouveau contacté, il dit ne pas avoir connaissance de celle de 2000 (+ 98 832 francs)», à l’étonnement du contrôleur d’État qui «s’interroge» sur l’existence d’une autorisation dudit président pour les augmentations antérieures… Or il appartient statutairement à Guyon et à lui seul de décider des augmentations de salaires de ses employés. Il faut croire qu’on peut présider sans décider et laisser un directeur en appétit se mijoter ses propres petits plats.

Interrogé par Lulu, Jean Guyon bredouille qu’il s’agit «d’une tempête dans un verre d’eau», sans compter qu’Antoine Crimé «se lève tous les jours à quatre heures du matin.» Ces arguments forts n’ont sans doute pas réussi à faire rire Jean-Marc Ayrault, président de la CUN et à ce titre co-actionnaire du MIN***, qui s’est fendu d’une missive au pauvre Jean Guyon, lui rappelant en termes secs qu’il serait utile qu’il jette à ses heures perdues un œil sur les salaires de ses gens. En clair, qu’il remette de l’ordre dans sa boutique. Jean Guyon s’est exécuté lors du dernier conseil d’administration, fin janvier, en mettant son directeur presque au régime sec.

«J’ai effectivement subi une baisse de 10 %, dans un souci d’apaisement», explique Antoine Crimé, qui reproche au contrôleur d’État de se mêler de ce qui ne le regarde pas : «il a agi en dehors de sa mission... J’ai traité mon salaire comme un salarié de droit privé, ce qui est le cas du MIN de Nantes. D’autant plus que j’en ai fait le premier MIN régional de France !»

Si on ne peut plus gagner sa vie !

<I>*17 septembre 2001.
** Marchés d’Intérêt national.
*** Communauté urbaine de Nantes (28 %), Conseil général (28 %), Caisse des dépôts et consignations (27,84 %), Chambre d’agriculture et CCI (16 %), autres (0,16 %).</I>

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