La lettre à Lulu
Lulu 59 - déc. 2007/jan. 2008

Panique au CHU

Déjà soixante victimes, l'air de rien


Bouillon de culture sous le service des urgences.
Affaire de clim' patraque et de ventilo contagieux.
Déjà 60 intoxiqués connus chez les chercheurs de l'unité de l'Inserm 601, spécialisée en cancérologie.


Panique au CHU

Chercheurs en apnée sous les urgences

Vapeurs toxiques à l'hosto. Les locaux et les chercheurs en cancérologie ont déjà été évacués deux fois. À quand la Loire-Inférieure confinée, sous cloche de verre ?

On respire mal à l'hosto, où l'unité 601 INSERM n'inspire pas confiance aux blouses blanches qui y travaillent. Question hygiène et sécurité, c'est pas le top dans ce labo de recherche en cancérologie, installé au CHU. À tel point que cette unité de chercheurs a été deux fois évacuée. En janvier 2007, pic de pollution apparemment propagé par la ventilation d'air. Un système où les faux plafonds aspirent l'air d'une pièce à l'autre. Il n'aurait été ni contrôlé ni nettoyé depuis la construction du bâtiment en 1990. Il y a même un appareil à inclusion marchant au formol, au toluène et au xylène, doté d'un système d'extraction crachoteux. Alerte rouge: l'unité est évacuée. L'hosto fait réparer, mais le 18 octobre, rebelote, re-pollution, ré-évacuation. "Pour désinfecter et neutraliser les vapeurs, eau de javel, soude acide sont déversées directement dans les canalisations, ce qui vraisemblablement amplifie l'effet toxique des vapeurs", alerte la CGT. On en est au cinquième audit des locaux. Et désormais les experts s'attaquent à l'étage du dessus: les urgences, où la gêne a aussi été ressentie. Les campagnes d'analyse déploient l'artillerie lourde, enquête épidémiologique, questionnaire des bonnes pratiques dans le labo. Les microbes sont instamment priés de prendre un badge avant de venir traîner dans les couloirs.

L'air de contaminés

Il y là quelque 180 chercheurs, thésards, étudiants stagiaires et laborantins, partagés entre quatre employeurs: université de Nantes, CHU, Inserm et CNRS. Près d'une soixantaine a eu des problèmes de santé, et une demi-douzaine a dû prendre des arrêts maladie. Le catalogue des symptômes est copieux : la bouche et la langue qui brûlent, des difficultés à parler ou à respirer, des troubles digestifs, des irritations de peau, des grosses fatigues et des migraines. Les troubles de la parole sont ravivés « au contact de différentes odeurs, produits de désinfection de piscine, fumées de cheminées… », notent Lise Caron et Joël Le Balch, responsables CGT de la recherche, et de l'Université. Une dizaine de personnes a fait valoir son droit de retrait pour ne plus travailler dans ces locaux insalubres et dangereux pour la santé.

Un comité de suivi a été mis en place par les quatre employeurs: siégeant au sein des comités hygiène et sécurité, les syndicats sont furax : les employeurs ont mis un an avant de réagir, et malgré les demandes, le principe de précaution ne s'applique pas. Pour la direction, pas question de fermer préventivement les locaux. La justice a été saisie par la CGT. Les autres syndicats doivent suivre. En attendant, les chercheurs sont priés de venir travailler avec leur air personnel.

Jacques Ventilo


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