La lettre à Lulu
Lulu 47 décembre 2004

Pépé le moké. Déflation de la société de bourse



Pépé le moké. Déflation de la société de bourse
Si les p'tits chefs du Medef peuvent plus virer tranquillement leurs délégués syndicaux, où va-t-on ?

La France va mal. Fillon et Portzamparc viennent d'être désavoués par le tribunal administratif. "Pourquoi ne pas montrer qu'une entreprise, ce n'est pas que du combat, du profit et de la réussite (...) Bien souvent on ne soupçonne pas l'aspect produit, innovation, relations humaines, aménagement du temps de travail", confie en même temps Philippe de Porzamparc*, alias PP (prononcer Pépé). Vice-président local du Medef, Portzamparc s'y connaît en relations humaines et en aménagement du temps de travail. Il a d'ailleurs fait mieux qu'aménager, dégageant carrément ce temps en virant 40 % de son effectif, qui avait gonflé à une centaine de salariés avant la dégringolade. Sans s'embarrasser de ces lourdingues relations humaines, Pépé a notamment foutu à la porte deux délégués syndicaux**. L'inspection du travail a deux fois refusé d'autoriser ces impossibles licenciements de salariés protégés. Têtu, Portzamparc a voulu court-circuiter ces affligeants fonctionnaires, en intentant un recours auprès du ministre du Travail, François Fillon à l'époque. D'abord sans succès. Finalement, grâce à un ultime et inattendu recours gracieux, le ministre avait permis au boss de la société de bourse de virer les deux pénibles syndicalistes. Le 19 novembre 2004, le tribunal administratif a annulé ce licenciement, renvoyant patron et ministre à un agaçant respect du droit. Tout ça va gâcher les réveillons de Pépé, d'autant qu'il doit encore attendre l'issue de quatre délicats dossiers aux prud'hommes, lancés par ses ingrats de salariés. Une cinquième affaire vient de connaître un épilogue en appel à Rennes : un cadre licencié en janvier 2002 pour "insuffisance de résultats" voit ainsi son licenciement déclaré abusif, et Portzamparc condamné à lui verser 30 000 euros de dédommagement. Y'a vraiment d'l'abusif qui s'perd. Alors qu'on devrait remercier ce brave Pépé d'avoir aidé les cadres de sa boîte à passer d'une société de bourse en pleine panade à une bourse de l'emploi en pleine inflation.

Jonathan Larepriz

* Actionnaire de Nantes 7, Pépé était interrogé sur ses attentes de télé de proximité au sein du supplément gratuit 4 pages de Presse-Océan dédié au lancement de Nantes 7.

** Voir Lulu n°44, "Portzamparc teste l'économie de marché sur la gueule".

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