La lettre à Lulu
Lulu 65 - juillet 2009

Plantigrades. On va pas en faire tout un plagiat


Il y a des coïncidences troublantes, doublées de troubleries coïncidantes. Autour de Royal et compagnie.


Plantigrades. On va pas en faire tout un plagiat
Épisode 3. Création, recréation, clonage ou plagiat ? Créés pour les Floralies, « Les jardins flottants » sur l'Erdre sont sujets à flottements. Pierre Oréfice est dans le collimateur de la compagnie toulousaine de théâtre de rue Le Phun : « Nous nous sentons dépossédés. Le nom du spectacle ainsi que l'idée d'installer des barges flottantes végétalisées dans les centres villes, habitées par des comédiens nous appartient ». Le spectacle est déposé à la société des auteurs. Le Phun connaît depuis 25 ans Royal de Luxe et Pierre Oréfice, administrateur de 1985 à 1998 de Royal, qu'il a quitté, créant avec François Delarozière les Machines de l'Île. Pour les Floralies, avec sa structure Manaus, Oréfice a produit « les jardins flottants » au bout de l'Erdre. Problème : la compagnie Le Phun a produit un spectacle sous ce même nom à Anvers en l'an 2000, et justement Oréfice était dans le coup à l'époque, embauché par Le Phun pour la production. Le Phun et Oréfice ont aussi postulé en commun pour les Floralies de 2005, mais question budget, seule la part des jardins proposé par Manaus avait été retenue, avec déjà « une ressemblance frappante » avec un autre intervention des Toulousains.

Cette fois, le Nantais a fait cavalier seul, proposant royalement de verser 1 500 euros pour dédommager d'avoir un peu pompé l'idée: « 10% des droits d'auteurs sur le système développé à Anvers des radeaux flottants sur polystyrène ». Furax, la compagnie toulousaine a refusé ces « pseudo droits (sous la table ?) », parlant de « pillage », de « mise à sac » de son outil de travail, écrivant à Oréfice : « Comment peux-tu t'arroger le droit de produire le spectacle créé par une compagnie sans même la nommer ni en avoir reçu l'autorisation ; de lui donner le nom que tu n'as pas trouvé; de recopier une scénographie que tu n'as pas imaginée ? » Sous le pavé dans la mare, le plagiat. Jointe à Toulouse, la compagnie ajoute : « Oréfice est un très bon producteur, mais si c'était un scénographe de rue, ça se saurait ». Le susdit rétorque que la compagnie n'a « ni le monopole de l'eau, ni du végétal, ni de l'urbain. Je comprends qu'ils fassent la gueule, mais j'ai un langage qui m'est propre, une vraie réflexion sur le végétal. » Les plantes d'aquarium de ville ont refusé de s'exprimer sur le sujet.

S'en tape royalement.

Épisode 2. Octobre 2008, Jean-Luc Courcoult saute comme un cabri pour diriger les représentations dans la cour du château des Ducs des « cauchemars de Tony Travolta ». Ce spectacle, il a dit l'avoir écrit en janvier 2008, enfermé dans une chambre d'hôtel à Santiago du Chili. L'histoire : Toni, fan de disco, se prend pour Travolta, le tout sur fond de dictature au Chili... Et puis — qui a dit rien à voir ? —- est sorti le film chilien « Tony Manero », tourné par le réalisateur Pablo Larrain en 2007, présenté à Cannes en mai 2008. Le pitch est étonnant : c'est l'histoire de... Toni, fan de disco, qui se prend pour Travolta, le tout sur fond de dictature au Chili. Toute ressemblance... etc.

Épisode 1. Six mois après sa création de maison flottante, ou plutôt coulante, lors de la saison 1 de la biennale Estuaire, surprise, la belle idée de baraque à la dérive avait un précédent copie conforme : un projet en 2002 de l'artiste Paulette Phillips, une maison (plus québécoise dans l'allure) à l'identique, échelle 1, ancrée au milieu du fleuve Saint Laurent. Et pareillement coulée par le fond. Fluctuat et mergitur, bis repetita. On se souvient que Courcoult avait alors bredouillé qu'il n'était pas le style de type à donner dans le plagiat, non, pas lui, ah ça non. « C’est pas mon genre de prendre les idées des autres. Jamais, jamais je ne prends une idée de quelqu’un d’autre »*. Il ne faut jamais dire jamais.

* Presse-Océan, le 25 janvier 2008

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