La lettre à Lulu
Lulu 45 juin 2004

Pompe à essence. On ne badine pas avec l’atour



Quand l’esthétique balnéaire est en jeu, on ne peut rester de bois. A La Baule, le quai Rageot de La Touche a été refait. Ses nouveaux atours ? Une promenade piétonne en bois précieux, inaugurée le 10 avril et bordant l’étier qui sépare La Baule du Pouliguen. Le genre nième merveille du monde. L’architecte a d’abord annoncé que ce plancher en bois exotique était de l’azobé, une essence sensible africaine. En fait c’est du badi, une autre essence tout aussi africaine, tout aussi menacée. Jaune à l’origine, gris avec le temps, ça résiste au sel, à la pluie. 1450 m2 sur 22 mm d’épaisseur.. L’origine ? “La filière exacte, on ne la connaît pas, confie à Lulu l’architecte nantais, Patrice Carudel. Le pin, ce serait moins cher, bien sûr, mais il y a un risque de fendillage avec l’humidité”.
A côté de ça, La Baule bichonne sa pinède : depuis 1990, on y distribue gratis des jeunes pins aux particuliers, à replanter “pour préserver le paysage et l’image de marque de la station”, d’autant qu’ici, “pour couper un arbre, il faut un motif valable et une autorisation municipale. Sinon gare au PV. Les gens doivent comprendre que la préservation des arbres est une responsabilité collective”*

Pourtant, suite aux tempêtes de décembre 1999, la France, premier importateur français de bois tropical, avait largement de quoi subvenir à ses besoins pour un siècle. Mais c’est plus marrant de piller l’Afrique en dézinguant les forêts anciennes. Il y a bien des dommages collatéraux, des désastres écologiques, économiques, sociaux, mais l’Afrique à l’habitude. Les campagnes africaines ne comprennent rien aux campagnes de com sur le développement durable. Un terme certainement intraduisible en leurs rudimentaires patois de sauvages.
Tout les ans, pour les besoins français, on ratiboise 283 000 ha de ces forêts primaires, soit 1,7 million de mètres cubes. Tout ça pour menuiser des portes et des fenêtres, ou faire joli devant les restos des bords de mer. Du bois exotique, pour marcher dessus, voilà une bonne métaphore des rapports nord-sud.

* Ouest-France, 23 avril 2003.

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