La lettre à Lulu
Lulu 71 - décembre 2010

Promo en soldes. Docu docu n’hésitation


Trop bien encadrée, la formation au documentaire dispensée par la fac. On ferme. à quand un documentaire sur les contradictions de l’université ?


Promo en soldes. Docu docu n’hésitation
Pas rentable, à la casse, disparition, on n’en parle plus. L’université moderne est sans pitié. Dans l’indifférence générale, la licence professionnelle du département Information-communication de la fac de lettres a été supprimée à la rentrée dernière, à la demande pressante de l’université. Trop d’encadrement pour un effectif trop réduit. Le clap de fin a enterré cette formation de documentariste en un an.

Créée à la rentrée 2006 avec des intervenants professionnels de top niveau, la formation n’aura connu que quatre promos d’une quinzaine d’étudiants à chaque millésime. En 2009, l’année avant la fin des haricots, le recteur a signé en grandes pompes une convention de partenariat. L’absurde administratif dans toute sa splendeur. Les bons points relevés par les évaluations, «interactions constantes et développées avec le monde professionnel ; fort taux de réussite», n’auront servi à rien. Aux oubliettes, les jolies réussites, cadreurs, monteurs et documentaristes sortant de cette année pour poursuivre dans des écoles de cinéma convoitées, comme la prestigieuse Femis et l’Insas à Bruxelles. La dernière promo a vu ses films sélectionnés par le festival très coté d’Arcueil et celui du Mans. «Un de ces diplômés a aussi été assistant de Depardon sur son dernier film Profils Paysans, ajoute Patrice Allain, un des profs encadrant cette formation. On recevait des étudiants de la France entière avec des gens venus des beaux-arts, du journalisme, de socio, et du BTS audio-visuel de Montaigu».

Née avec le renouveau du documentaire, la formation avait de quoi former au web docu, si on ne l’avait pas passée à la trappe. Particulièrement sous encadré, malgré d’excellents résultats d’insertion professionnelle, le département d’Infocom a demandé des moyens et des postes supplémentaires. Pour toute réponse, l’université a contraint l’équipe des trois permanents à faire elle-même le ménage en supprimant la formation la plus coûteuse ou la moins rentable, que l’université avait précédemment encouragé à lancer. L’argument du nombre d’étudiants ne tient pas : l’IUT de Carquefou propose une licence pro « matériaux composites» pour huit étudiants cette année, et personne ne la remet en cause. «On nous a reproché d’avoir un taux d’encadrement trop important pour le nombre d’étudiants. On faisait pourtant de l’excellence et de la professionnalisation, ce que vise justement l’université, mais on nous a opposé une logique purement comptable», dit Patrice Allain. «Le documentaire offre sans doute une approche trop critique du réel. Il n’est pas là pour valoriser. L’université préfère une formation générale à la communication institutionnelle ou d’entreprise, plus docile et ajustée à la demande, au service des institutions. C’est ce qui va s’installer sur l’Île de Nantes avec Sciencescom», note Marc Grangiens, enseignant au sein de la défunte formation

La gestion, la soumission à l’économie ont gagné la partie. L’université ne cultive plus la raison : place au culte de ratio. De quoi en perdre son latin.

Jean-Luc Godaille
* Lire aussi dans ce numéro, « Rencontre du 3e type »

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