La lettre à Lulu
Lulu 63 - décembre 2008

Seuls au monde. Les frères Pétard


Les Jalladeau reconduits à la frontière des trois continents. Que fait la police des héritages?


Seuls au monde. Les frères Pétard
Fondateurs du festival des trois continents depuis sa fondation en 1978, les deux frères Jalladeau sont poussés dehors depuis que le dehors les appelle. La dernière année, ils n'étaient plus que directeurs artistiques, sans contrôle des finances. Leur contrat de co-directeurs artistiques s'est achevé début décembre. Pas question de jouer au viager. Le conseil d'administration du 9 janvier doit sceller leur sort.

À la soirée de clôture du festival, l'adjoint à la culture a soigneusement lu le discours du maire, absent ce soir-là. Un discours diplomatique, pesé au milligramme, commençant par rendre hommage aux Jalladeau pour l'ensemble de leur œuvre, hop c'est fait, et expliquant que la Ville attend la feuille de route de la nouvelle équipe et les projets du directeur pour les cinq ans à venir. Hop, c'est dit. Page tournée, souvenirs pour les uns, avenir devant soi pour le reste. Jean-Louis Jossic enfonce le clou par voie de presse: «Les frères Jalladeau sont à l'âge de la retraite, on est en fin de contrat»*. La moitié des frangins à lui tout seul, Philippe rétorque en pétard: «Dans les professions artistiques, il n'y a pas de limite d'âge. Comme les chefs d'orchestre. D'ailleurs, Jossic n'est pas si jeune non plus». Oui, mais avec Tri Yann, il est quand même un peu chef d'orchestre. Comme adjoint à la culture aussi.
La suite avec Alain Jalladeau. Sur le vote irrégulier qui a débarqué l'ancien président Alain-Pierre Daguin en juin: «Scrutin truqué? Quand il a été élu président, les votants n'étaient pas non plus à jour de leur cotisation ; ça n'a gêné personne, à l'époque». La marque «festival des trois continents» monnayée contre 34 000 euros en plein schprountz conflictuel: «Philippe ne souhaitait pas ça, au départ. Il voulait l'échanger contre son salaire (sur dix ans). Le conseil d'administration (de l'association F3C) l'a racheté, mais c'est rien du tout. Le festival de photo de Cahors a cédé la marque à la Ville de Toulouse pour 400.000 euros».

«On aurait dû arrêter le festival à la 20e édition, en pleine apothéose, avec une situation saine, sans dettes», regrette Alain Jalladeau en ajoutant que «l'édition 2007 a été catastrophique avec un déficit de 85 000 euros. En 2006, le trou était déjà de 40 000. La mairie a consenti une subvention exceptionnelle de 64 500 euros, officiellement pour la 30e édition, mais qui n'a pas pu financer la venue d'invités prestigieux puisqu'elle a surtout bouché les trous». Et payé les 34.000 euros réclamés par Philippe Jalladeau pour l'usage de la marque. Ainsi que 24 000 euros pour le licenciement négocié de Guillaume Marion, l'ancien délégué général. Les successions, ça coûte cher, mais pas de quoi en faire tout un monde. Ni tout un cinéma.

Satyajit Prop

* Le Monde, 11 décembre 2008

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