La lettre à Lulu
Lulu 48 mai 2005

Sion en parlait ? Ayrault en territoire occupé


Ayrault aussi loquace qu’un mur quant à son parrainage d’un club de socialos pro-israéliens.


Sion en parlait ? Ayrault en territoire occupé
A quelques jours de la parution du bouquin d’Alain Besson sur Jean-Marc Ayrault *, l’auteur rencontre des militants nantais pro palestiniens qui demandent comment le journaliste a traité les liens étroits avec le Cercle Léon Blum. Un blanc. L’auteur ne l’a pas su. Le bouquin n’en parle pas. Après trois ans de recherches et d’entretiens de proches et de l’intéressé, le pavé de 440 pages a comme un trou.

Ce Cercle Léon Blum qui passe pour le lobby sioniste du PS, a été créé pour tenter de museler l’expression de critiques contre la politique d’Israël en assimilant antisionisme et antisémitisme. Ayrault figure au comité d’honneur, aux côtés de parrains comme Delanoë, Mauroy, Charasse, Moscovici, Strauss-Kahn, Kouchner, mais aussi Serge Moati, Anne Sinclair. Le 29 juin dernier, Ayrault est au dîner du premier anniversaire du cercle, dans les salons du Conseil régional d’Ile de France. Officiellement, ce machin créé en mai 2003, présidé par Laurent Azoulai et inspiré par Dominique Strauss-Kahn vise à «combattre la résurgence d'un nouvel antisémitisme qui provient, depuis quelques années, d'une partie de la gauche française». Sur le site internet du cercle **, une habituée des cabinets ministériels, Véronique Bensaid y proclame benoîtement son sionisme, prétendant que ce n’est pas une idéologie coloniale, ce que revendiquait pourtant formellement le fondateur du sionisme Theodor Herzl ***

La flamme sioniste

Parmi les fondateurs du Cercle, François Zimeray veut «faire revivre la flamme sioniste et humaniste qui n'aurait jamais dû quitter le cœur des socialistes» . Il est membre de la très engagée association France-Israël, et député européen grand pourfendeur des malversations de fonds européens dont il soupçonne l’Autorité palestinienne. Le Cercle Léon Blum manifeste une volonté de tolérance et de paix, mais persiste dans un souci d’»équidistance» entre belligérants, pas très tenable quand il s’agit d’occupants et d’occupés. Difficile de se fâcher avec le parti frère, les travaillistes israéliens. «Comme si les socialistes français avaient suivi la dérive d’une certaine gauche israélienne» ***. Le Cercle regroupe les plus ardents partisans de la mise à l’écart de Pascal Boniface, auteur après la défaite de Jospin d’une note à la direction du PS demandant de rompre avec le parti pris pro israélien des socialistes français, où il estimait notamment «qu’on ne peut mettre sur un même plan l’occupant et l’occupé» et qu’on «ne combattra pas l’antisémitisme en légitimant l’actuelle répression des Palestiniens par Israël». Beaucoup le pensent : finalement ce Cercle Léon-Blum «est surtout destiné à instrumentaliser la lutte pour la laïcité et contre l’antisémitisme au profit d’un soutien à la politique d’Ariel Sharon» ***.

Quadrature du cercle

Au sein même du PS, on a vite senti les difficultés de ce cercle, le parti socialiste n’étant pas supposé abriter de lobby en son sein. Car ce club pourrait vouloir minimiser les effets de la colonisation, les assassinats ciblés, la réoccupation militaire des territoires occupés. Il entend taxer d’antisémitisme toute critique un peu forte de la politique de Sharon-Pérès. Pas le genre à évoquer les droits des Palestiniens à un Etat aux côtés d’Israël.

Ayrault est donc parrain de ce groupement fortement connoté, formant un territoire idéologique très occupé à convaincre des socialos que les pro-palestiniens ne sont en fait que de dangereux et insupportables antisémites.

Sollicité par deux fois par Lulu, Ayrault a fait savoir qu’il ne souhaitait pas s’expliquer sur sa présence dans un groupe aussi marqué. Il ne faut sans doute pas fâcher les rangs très influents des partisans d’Israël, travaillistes ou pas, et leurs relais en France. Pour défendre Ayrault malgré lui, il faut noter qu’il appartient par ailleurs au groupe parlementaire « d'études à vocation internationale sur les territoires autonomes palestiniens». Toujours ce principe d’équidistance, pour n’être taxé d’aucun parti pris. Un vrai atlas, ce Ayrault : comme parlementaire, il participe aussi à un paquet d’autres groupes d’amitié ou d’étude (Afrique du sud, Algérie, Autriche, Bolivie, Cameroun, Georgie, Grande-Bretagne et Irlande du Nord, Maroc, Portugal, Québec et Sénégal) mais aussi au groupe France-Israël. Le parlementaire qui ne veut ni parler ni mentir est aussi bavard qu’un mur.

i(1) Une ambition nantaise, Editions Coiffard.
(2) [www.cercle-leon-blum.org

(3) "Le trouble des socialistes", par Denis Sieffert, Politis n° 777, le 27 novembre 2003]i

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