La lettre à Lulu
Lulu N° 78-79 - décembre 2012

Socialo, j’écoute. Historien, je ne regrette rien


De ce panégyrique des socialos du coin, signé Yannick Guin, on apprend qu’il est un anar marxisant infiltré depuis 1982 au PS de Loire-Inférieure. Une taupe.


Socialo, j’écoute. Historien, je ne regrette rien
Pas fastoche pour Yannick Guin de torcher une histoire du socialisme local récent. Historien embedded, il est au PS depuis trente ans. Ce qui l’oblige à se mentionner lui-même, parfois plusieurs fois dans la même page, dans la liste des acteurs du socialisme triomphant en basse Loire. L’adjoint au personnel, à la culture, à la recherche et à l’université qu’il a été sous les quatre municipes du règne d’Ayrault à Nantes, dresse des lauriers à ses collègues, certains passages faisant copieusement l’apologie de l’intelligence des liders minimos du PS 44. À chacun sa médaille en chocolat. Certaines parties sont aussi palpitantes qu’un tract électoral, vantant la capacité du PS à faire "le pari de la croissance, de la confiance et de l’ouverture". Plus consensuel que sensuel, Guin ressert le couplet rebattu de la "belle endormie" réveillée par Ayrault. Il évoque la démographie gonflante de la ville, sans rien sur la sociologie changeante et la gentrification qui fait la base favorable électorale du PS... Seule est citée l’abstention des électeurs des quartiers populaires lors des scrutins, l’auteur reconnaissant aussi que coté démocratie participative "les catégories populaires ont tendance à se tenir hors du jeu".

Quand pointe un regard (un peu) critique sur le pouvoir pris par les technostructures sur les élus, et le primat du management dans les collectivités à majorité rose, on sentirait plus l’élu brimé qui témoigne que l’historien qui observe. Plus sincère paraît le regret d’une culture d’éducation populaire à qui on préfère l’événementiel, au service de l’image et de la notoriété des villes.

D’après la préface signée par le journaliste retraité d’Ouest France Alain Besson (maintes fois remercié dans les chapitres suivants), l’auteur serait toujours marxiste et même bakouniniste, au plus profond de lui-même. Une boutade sans doute. Au moins profond, Guin professe nettement moins de lutte de classes et d’anarchie. Il est manifestement social démocrate et réformiste comme son patron Ayrault. Plus militant dans la mêlée qu’historien, il termine avec une litanie de "il faut" et "il faudrait". Plus politologue de l’actualité qu’analyste de l’histoire, il ponctue ces dernières pages de craintes d’éclatement de la liaison socialistes-écologistes, autour du projet d’aéroport, qu’il qualifie de "môle existentiel" pour les Verts. Ironie des formules en exergue, il manie la métaphore paysanne pour remercier "tous les militants socialistes dont l’action obscure et obstinée a permis d’ensemencer une terre longtemps ingrate". La semence rose sur le béton qui veut ratiboiser les vraies terres, c’est la métaphore de quoi ?

Fernand Bancoulier
Yannick Guin, Itinéraire du socialisme en Loire-Atlantique, 3/ Conquérir (1947-2012), édition du Petit Véhicule. 17 euros.

Lu 479 fois













La Lettre à Lulu : RT @laparisiennelib: #Répression Hier la police a blessé un street medic de @CQFDjournal, coursé @akraland jusque chez lui, frappé et censu…
Lundi 24 Avril - 10:52
La Lettre à Lulu : RT @rayclid: Fillon à la casserole #ElectionPresidentielle2017 #Presidentielle2017 https://t.co/XTPpf09lqm
Dimanche 23 Avril - 22:12
La Lettre à Lulu : RT @rayclid: Marine Le Pen au second tour #ElectionPresidentielle2017 #Presidentielle2017 #1erTour2017 #cartoon https://t.co/8pAfLHD5f2
Dimanche 23 Avril - 22:11
La Lettre à Lulu : Au sommaire du N°96 à paraître très bientôt... https://t.co/AyegZyG4s0 https://t.co/2N0nLcviD5
Vendredi 21 Avril - 20:18