La lettre à Lulu
n°33 - été

Stade terminal. Sénat lutte finale !


Édouard Landrain, 71 ans, a juré de faire la peau de Monique Papon, 67 ans. Ces deux jeunesses de l’UDF ont sorti les tromblons et le gros sel pour les prochaines sénatoriales. Heureusement qu’Harousseau est là…


Stade terminal. Sénat lutte finale !
Jean-Luc Harousseau, toujours en quête d’un mandat, a décidé de donner raison à Jean-Marc Ayrault qui l’avait accusé durant les municipales de n’être candidat à la mairie que pour mieux se placer dans la course aux sénatoriales de septembre. On se souvient de ses dénégations outragées d’alors… Le bon docteur Jean-Luc a officieusement déclaré sa candidature mardi 19 juin devant ses petits camarades de l’UDF. Ce qui ne fait jamais qu’un candidat de plus dans une foire d’empoigne qui commence à faire rire jaune dans les rangs de la droite nantaise.

Car la droite ne manque pas de candidats pour aller grassement pantoufler au Sénat. «Je connais au moins une bonne douzaine de têtes de liste», rigole en douce le nouveau président du conseil général André Trillard, Dédé la Trille pour les intimes. Sachant qu’une liste aux sénatoriales ne compte que sept candidats possibles pour au mieux trois élus, on vous laisse imaginer l’ambiance conviviale qui règne actuellement à droite. D’autant plus qu’il faudra cette fois-ci que ces vieux messieurs cèdent des places à quelques dames respectables, parité oblige.

Les premières listes se sont ébauchées dans une discrétion toute relative. Si le sortant Charles-Henri de Cossé-Brissac, souffrant, a décidé de laisser tomber, il n’en va pas de même pour Luc Dejoie, qui ne va guère mieux et menace de monter sa propre liste, ce qui fait rigoler tout le monde, surtout au RPR. «Le cas Dejoie est déjà réglé, il n’y a que lui qui y croit encore», laisse tomber un porte-flingue du RPR*. De son côté, l’UDF se la joue Loft Story en plus drôle. Les poignards sont tirés, les coups bas pleuvent, les rancœurs remontent entre les candidats plus ou moins déclarés : Gisèle Gautier qui avait monté une liste dissidente aux régionales de 98 n’est pas jugée « fiable » par son propre parti, Monique Papon passe pour une « traître » aux yeux des landrinistes et Édouard Landrain pour un « dictateur » par les paponistes. Passons sur les célébrités vicinales, le fils à papa Alain Hunault, Paul Dalon, Marie-Loïc Richard, Joseph Thomas, ou sur les velléités de Joël Guerriau ou du revenant Daniel Augereau, toujours dans les bons coups.

La vengeance de Doudou

L’élection au Sénat étant une affaire de notables**, il faut remonter aux dernières cantonales pour y comprendre quelque chose, spécialement à l’élection du président du Conseil général qui s’est déroulée à droite au terme de manœuvres sanglantes qui n’ont pas fini de laisser des traces.
Ça partait pourtant d’un bon sentiment : éviter au RPR Luc Dejoie, gravement malade, les fatigues inutiles d’un nouveau mandat à la tête de la Loire-Inférieure. Et accessoirement piquer la présidence du conseil général au RPR. L’UDF Édouard Landrain, Doudou pour les intimes, après vingt-quatre ans de règne éclairé à Ancenis, s’y voyait déjà. Résultat des courses, ce sera le RPR André Trillard qui s’y collera. Quatre voix ont manqué à Doudou, quatre petites voix qui « l’ont trahi » au sein de son propre camp, dont celle de Monique Papon. Et ça, Doudou n’est pas prêt à le digérer. Si dame Papon n’a pas souhaité répondre à Lulu, d’autres ne s’en sont pas privés : « Landrain président du Conseil général, c’était le règne assuré des copains et des coquins. Ce type est nul. Quand on voit comment il a géré la crise de la MCLA, peut-on l’imaginer dirigeant le Département ? » Mieux valait pour ces UDF le très consensuel Dédé, tout RPR fut-il. Sauf que voilà, Doudou n’est pas du genre à se laisser débarquer sans couler le navire avec lui. « Il veut faire la peau de Monique, il est entré dans une logique de vengeance », chuchote-t-on à droite. Le fauteuil de Dejoie lui ayant échappé, Doudou s’est rabattu sur celui de président de l’UDF locale que lui cèdera complaisamment Harousseau. Il fallait bien « qu’il soit président de quelque chose » lâchera Gisèle Gautier. L’affaire fut rondement menée. Dîner chez Harousseau, sortir les vieux adhérents de la naphtaline, oublier de réunir la commission chargée des élections internes, charger ses obligés d’envoyer leurs pouvoirs à la permanence voire au domicile de l’arrangeant Jean-Luc, et le tour est joué : Doudou ramasse 70 % des voix contre le gentil Christian Héry qui n’a rien vu venir et se retrouve en bonne position pour peser dans la désignation des candidats aux sénatoriales. C’est-à-dire plomber Monique Papon.

«N’oublions pas que Paris aura le dernier mot dans cette histoire, raconte un militant qui en a vu d’autres, et Paris veut une liste d’union RPR-UDF.» Ça sent la fin de récré, ce qui n’est pas bon signe pour les ambitions forcenées de Doudou, pas vraiment en odeur de sainteté dans les instances nationales de l’UDF… où Monique Papon figure en bonne place. Fillon et Trillard commencent à se lasser de ce « bordel » qui n’arrange pas le paysage à quelques mois des législatives et de la présidentielle. Le nouveau président du Conseil général, qui pour l’heure n’est officiellement candidat à rien et soutient une liste d’union emmenée par le RPR sortant Guy Lemaire et Monique Papon, «pourrait éventuellement se dévouer» si la trêve estivale ne calmait pas les chaleurs des uns et des autres, menace-t-on dans les allées locales du pouvoir.

Florentine Florence

«Tout ça, c’est en grande partie la faute de Florence» se lamentent des militants UDF. Florence ? L’épouse du bon docteur Harousseau qui semble se mêler de tout et de n’importe quoi, si l’on en croit les mauvaises langues. «Jean-Luc lui cède sur tout, mais elle est incapable de réfléchir plus de dix secondes…» La liste à droite toute des municipales ? «C’est Florence qui l’a voulue. Elle a appartenu au RPR tendance ultra réac, elle porte une bonne part de l’échec aux municipales.» Doudou président de l’UDF à la place de son mari ? «C’est elle qui a manigancé le dîner entre Landrain et Jean-Luc…» Et le récent tremblement de terre, c’est encore Florence ?

Pour beaucoup, la stratégie de Florence repose sur un calcul simple : si Landrain est élu sénateur, ça libère la circonscription d’Ancenis, jugée «facile». Comme Landrain ne s’entend plus avec sa suppléante Gisèle Gautier, il soutiendra la candidature d’Harousseau et madame pourra enfin se retrouver femme de député. Encore faudra-t-il que Gisèle se laisse passer sur le corps, ce qui n’est pas gagné. Heureusement que Jean-Luc, dans son infinie sagesse, a décidé d’offrir à sa mie une place de femme de sénateur. À moins qu’il change à nouveau d’avis, selon son habitude.

Une seule solution pour sauver Jean-Luc : voter en masse pour Chirac en 2002 afin que Fillon récolte un maroquin et confie à Jean-Luc la garde de son fauteuil à la Région. Là au moins, Harousseau n’aurait pas à se coltiner ces ingrats d’électeurs. Et madame pourrait lui lâcher les baskets.

Quand on vous dit qu’il y a des métiers pas faciles…

* Luc Dejoie a laissé effectivement tomber le 27 juin.
** Ce sont les grands électeurs, élus locaux, qui élisent les sénateurs.

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