La lettre à Lulu
Lulu 92 - mai 2016

T’es quitte zizi ?
La livraison du plus fort


À Nantes trop tendance, un panier repas uberisé, livré le nez dans le guidon. En selle !


En grappes avec vélos, gilet vert pale, vers Commerce ou Bouffay, les livreurs de Take Eat Easy et de Deliveroo, récemment implantés à Nantes, attendent la commande pour filer livrer des plats de restos locaux. Écolo, éthique selon le site de Take Eat Easy, ça met en relation des « coursiers sympathiques et souriants » et des « clients qui ont faim ». Le bonheur absolu entre coups de fourchette et sueur de pédaliers. Les blogs de copines bobos adorent.

Après commande en ligne, les livreurs, pistés de bout en bout sur l’écran du client, déboulent « en moins d’une demi-heure ». « Complètement indépendants », en fait contraints d’adopter un statut d’auto-entrepreneur, de rouler avec leur vélo perso, ils sont dits libres de leurs « shifts » (comprendre « horaires de travail d’une vacation »). Ils échappent donc au statut de salarié et aux protections du droit du travail. Plus besoin de finasseries, d’indemnités en cas de licenciement si le cyclorameur se fait virer après trois « strikes » qui sanctionnent une commande non assurée ou une course sans casque. Pas de congés payés, pas de cotisation sociale à verser par l’employeur. Le monde rêvé de Manu Macron. « Près de 40 coursiers ont déjà été recrutés », claironnait Nantes métropole en janvier. On leur organise des « drinks » en fin de mois. Les plus performants ont droit à la casquette. La logistique est automatisée, les livreurs choisis par des algorithmes qui tiennent compte de leur rapidité. Coup de jarret et feux rouges grillés encouragés. « Les gens qui font ça ne le font pas que pour le complément de revenu, mais aussi pour appartenir à une communauté, pour faire du sport », déclarait un des fondateurs, Adrien Roose*.

Casque, 2e smartphone, kit crevaison, assurance accident, tout est aux frais du « vélo-entrepreneur ». La sacoche de livraison est prêtée, moyennant caution de 100  euros prélevée sur le montant des livraisons. Et combien ça rapporte ? Ça dépend du shift, mais ça tourne autour de 30 euros les trois heures. Brut évidemment. Mais la vie c’est comme le champagne, c’est rien que du brut !

Louison Bobet

* La Tribune, 2 septembre 2015

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