La lettre à Lulu
n°32 - mar

Ta mère en stat’. Les petites mains perdent pied



Ca se passe à une heure de mobylette de chez nous, c’est un cataclysme qui dépasse - et de loin - les très médiatiques plans sociaux annoncés dans les grandes maisons comme Moulinex ou Lu, et pourtant tout le monde, ou presque, s’en tape. Il est vrai que la déroute de l’industrie choletaise de la chaussure, qui vient de mettre quatre cents personnes à la rue, suite à la faillite du groupe Polygone, ne concerne guère que des femmes. Des petites mains licenciées par centaines ces derniers mois (2000 emplois supprimés en 1999 et 2000 après la déconfiture des principaux fabricants de la région tels que Gep La Fourmi, Pindière ou Sac), des petites dames qui n’ont jamais connu d’autre horizon professionnel que leur atelier de découpe, dans leur usine, implantée dans leur village, et qui se retrouvent aujourd’hui à la rue après dix ans, vingt ans, trente ans de maison. Même leurs revendications semblent dérisoires au regard des usages dans le monde du travail : les ouvrières d’Inova, une usine du groupe Pindière basée à La Verrie, demandent mieux que les quatre mois de salaire que la direction leur propose pour vingt ans de présence. Oui, vous avez bien lu, quatre mois de smic pour vingt ans de boîte. Une aumône que refusent de dépasser les patrons de la branche, qui se sont si longtemps payés sur la bête. Dans ces usines, les quelques syndicalistes qui acceptent, timidement, de parler refusent de donner leurs noms aux journalistes, par peur des représailles. même virés, ils fuient les journaux, refusent les témoignages, préfèrent mourir cachés que froisser leurs bons maîtres, ces héritiers des curés qui ont imaginé, au début du dernier siècle, l’implantation de manufactures de chaussures dans les campagnes, pour fixer les populations rurales. Aujourd’hui ces cohortes d’ouvrières, qui ont le mauvais goût de ne représenter aucun enjeu électoral, de ne pas gréver les statistiques du chômage en pleine période de reprise économique, n’intéressent personne. Personne de chez nous. Pas plus que leurs sœurs du Maroc, de Thaïlande ou du Pakistan qui ont pris discrètement le relais, et fabriquent désormais les grolles que nous achetons, la bouche en cœur, chez notre chausseur favori.

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