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Lulu 65 - juillet 2009

Tendance. Goupillons des soviets


Églises vides, mais autogérées. Une idée de paroissiens pour défendre le patrimoine qui tombe en botte.


Tendance. Goupillons des soviets
Les églises tombent en ruine ou s'abandonnent aux bétonneurs. Des pèlerins prennent leur défense. À Nantes, une chapelle des Jésuites vendue à un promoteur, puis l'église de la Madeleine vouée aux démolisseurs malgré l'avis de l'architecte des bâtiments de France. L'église Saint-Georges des Batignoles accueille depuis quelques années des compagnies de théâtre. « Depuis la loi de séparation de l'église et de l'État de 1905, les communes sont propriétaires, l'évêché n'étant non pas locataire mais affectataire, à titre gratuit », rappelle Daniel Poissel, qui a monté une asso pour inciter à refiler le bébé et l'eau du bénitier à des collectifs de particuliers. Un peu comme les bistrots repris en coopérative par leurs piliers de comptoir. Daniel Poissel milite donc contre l'abandon et la vente des chapelles pour des projets immobiliers, ou celles qu'on ratiboise. D'autres se mobilisent pour sauver le moufflon du bocage ou l'angélique marquise des estuaires. Lui, c'est le changement d'affectataire qui le motive : « Pour céder les églises, les mairies demandent toujours au curé ou au monseigneur son avis. Il faut donc lutter contre le clergé. N'oublions pas qu'il a reçu à l'époque des dons des fidèles pour construire et entretenir ces bâtiments. Le clergé ne fait plus face à ses obligations. Aujourd'hui, le denier du culte alimente les prêtres et les évêques qui se voient comme des salariés. Avant, c'était une vocation ».

Il préconise un bail commercial concédé à des associations qui s'engageraient à entretenir les églises, plutôt à la campagne qu'en ville. Il a écrit aux évêques en qualifiant l'Église de « décadente, fuyante », dénonçant l'« orgueil » et la « prétention » des évêques traités de « vaniteux ». Rappelons que l'orgueil est classé péché mortel dans la nomenclature des travers fatals. « On cartonne le clergé, mais on n'est pas révolutionnaires, juste réalistes », explique ce chrétien, pratiquant mais déçu. Ces aïeux ont refilé du fric à la quête, c'est un peu l'arnaque s'il n'y a pas retour sur investissement.
Euh, si on adopte un clocher, on risque pas de se faire rejeter à l'adolescence ?

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