La lettre à Lulu
n°28/29-été

Truisme. Scénario cochon à Héric


Le porc appartient, le saviez vous, à l’ordre des pachydermes.


De quoi se plaignent les habitants d’Héric, riante bourgade au nord de Nantes ? Ils disposeront bientôt d’un cochon par personne grâce à l’implantation de trois nouveaux élevages industriels. Les industriels du cochon ont une étrange conception du libéralisme économique. Quelques semaines après avoir hurlé contre la chute des cours, pesté contre la surproduction, supplié les pouvoirs publics de leur venir en aide, les voilà repartis pour une nouvelle campagne de création d’élevages. Trois projets, représentant au total 4 000 cochons, sont ainsi annoncés simultanément sur Héric, commune de 4 000 âmes située à une vingtaine de kilomètres au nord de Nantes. Le fait que la moitié des citoyens du cru ait signé une pétition hostile à cette cochonisation accélérée de la commune, ne semble pas émouvoir le maire, Jacques Bernard, qui dirige dans le civil un commerce d’aliments pour cochons.

“Tout est fait dans les règles, les procédures sont respectées, et je ne peux pas ne pas signer les permis de construire” explique-t-il benoîtement. Et son avis politique sur la question ? “Je n’en ai pas, ce sera au conseil municipal de décider après les enquêtes publiques.” Autant dire quand les jeux seront faits, à l’image de ce qui vient de se produire à Quilly où deux projets de carrières*, dont l’un sur le terrain du maire, viennent d’être validés par la préfecture après deux enquêtes aussi publiques qu’inutiles. À Héric, les trois projets sont soutenus par deux coopératives agricoles bretonnes, la Cecab et la Cooperl, dont les élevages existants débordent sous les excédents de lisier. Héric, qui dispose de terrains inexploités en lisière de la Bretagne et d’un maire compréhensif, puisque directeur le la société Bernard Agri Services, filiale de la Cecab, était donc une commune toute indiquée pour éponger ces excédents de cochons et de lisier. “Ce ne sont pas des projets de coopératives, mais des projets d’éleveurs” se défend le maire, contraint toutefois de reconnaître que les candidats à l’installation sont actuellement attachés aux coopératives en question, au titre de technicien ou de porcher salarié. Quant à la pétition anti-cochons lancée par “l’association héricoise de défense de l’environnement” qui a recueilli 2 200 signatures, le maire la “prend en considération” mais sans plus, rappelant sans rire que “la moitié de la population n’a pas signé”. En gros, qui ne dit mot consent, bambins et grabataires compris. L’histoire ne donne pas l’avis des cochons, qui formeront bientôt la majorité silencieuse mais odorante d’Héric.


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