La lettre à Lulu
Lulu 88 - mai 2015

Tu talkes tu walkes. Faut pas charlier


Il y a très longtemps, en janvier 2015, l’émotion ça marchait. Nos archéologues ont trouvé les traces.


Manif de voitures de fonction

L’attractivité internationale de Nantes, c’est bidon. Pour la manif, marche pardon, du 10 janvier après la tuerie à Charlie Hebdo, pas un seul ministre d’extrême droite d’Israël à Nantes, pas de dignitaire hongrois infréquentable, de responsable de la mise à genoux de la Grèce ou du Portugal. Rubrique people, fallait se contenter d’un super flic local, Jean-Christophe Bertrand, ouvrant la marche précédé par une promo pour Peugeot. Deux 508 rutilantes avec chauffeur, vitres teintées, roulant au pas en amont du directeur départemental de la sécurité publique, brassard police orange, lunettes trempées par la pluie. Une manif précédée par des voitures officielles roulant au pas, c’est nouveau. On n’était pourtant pas dans un enterrement de mafieux. Lulu a demandé à un des chauffeurs : « Vous trimbalez qui, le préfet ? ». Réponse du préposé à la conduite lente : « Moi, c’est la police, l’autre c’est la mairie ». L’équipe de Charlie aurait apprécié à sa juste valeur cet hommage des corps constitués et de l’automobile française haut de gamme. La prochaine fois, fini les manifs, juste des raoûts sous les bois dorés des salons de la préfecture.


Superflic, trajet improvisé

Petite scène à garder pour la mémoire. Parti de Commerce, le cortège de soutien à Charlie rejoint au point de départ les derniers, pas encore partis. Ni une ni deux, Jean-Christophe Bertrand improvise, allonge le trajet. L’itinéraire n’a pas été déclaré officiellement à la préfecture. Tant pis. Va pas être facile de reprocher aux manifs futures de ne pas avoir déclaré leur parcours à l’avance, malgré l’usage constant à Nantes depuis les années cinquante*. Ne dites pas qu’il n’y a que les constants qui ne changent pas d’avis. Monsieur Bertrand pourrait mal le prendre.

* voir « Rien à déclarer », Lulu n° 84, mai 2014.

Je suis talkie-walkie

Toujours le même Jean-Christophe Bertrand. Il avait bien dit : "Ceux qui prennent le risque de s’en prendre aux forces de l’ordre s’exposent eux aussi à des dommages corporels"*. Il parlait des mutilés du 22 février 2014, éborgnés par des tirs tendus, ciblés, de super flashball. En pleine euphorie charlisée, il aurait pu déclarer à propos des assassinés de Charlie Hebdo un truc du genre : "Ceux qui prennent le risque de s’en prendre aux islamistes s’exposent". Ou bien, avec un nez rouge, "Ceux qui prennent le risque de s’en prendre aux farces de l’ordre se prendront pan pan cul cul ferme avec obligation de tsoin tsoin". Ou encore "Ceux qui prennent le risque de manifester dans la rue prennent le risque d’y laisser un œil". Mais non, il a juste crachoté des ordres dans un talkie-walkie. Tu parles, tu nous fais marcher, Jean-Christophe.

* Mediapart, 18 avril 2014.

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La Lettre à Lulu : @sandrinejossoAN Un plan d'apurement, c'est avant le dépot de bilan, pas après. Ou alors c'est de l'apurement post mortem. Original.
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La Lettre à Lulu : @sandrinejossoAN On parle pas d'il y a 14 ans. C'est pas d'l'archéologie. C'est une appellation cadrée par la loi.
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La Lettre à Lulu : @sandrinejossoAN @antonytorzec @MSpeacefully Lulu s'excuse de répondre en retard. Il avait jokari.
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